POLITIQUE - Le Premier ministre a prononcé le discours de clôture d'un colloque organisé par l'Institut Montaigne ce vendredi...
C'est «l'intégrisme» qui doit être «combattu», mais «surtout pas les musulmans». C'est ce qu'a déclaré François Fillon lors d'un discours sur l'identité nationale ce vendredi.
Après le Congrès des maires, Nicolas Sarkozy a en effet de nouveau passé le relais au Premier ministre sur ce sujet. C'est donc le Premier ministre et non le chef de l'Etat qui s'est exprimé en clôture d'un colloque sur l'identité nationale organisé par
l'Institut Montaigne, le «think tank» de Claude Bébear.
«Pas un débat de circonstance»
«Il est normal et légitime que les pratiquants puissent exercer leur foi dans des conditions dignes. Je préfère des mosquées ouvertes à des caves obscures», a ainsi déclaré François Fillon. «Quant aux minarets, qui sont d'ailleurs assez peu nombreux en France, je dis simplement qu'ils doivent s’inscrire de façon raisonnable et harmonieuse dans notre environnement urbain et social. Et la meilleure façon qu'ils le soient c'est de faire confiance pour cela aux maires de nos villes», a poursuivi le chef du gouvernement.
Quant au débat sur l'identité nationale, le locataire de Matignon a souligné que ce n'était pas un débat «de circonstance», alors que les critiques se multiplient à l'encontre du gouvernement, accusé de tenter de ravir des voix à l'extrême droite à quelques mois des élections régionales. «Ici où là, on a prétendu que ce débat était dangereux, qu’il allait raviver les défiances. Mais le danger n’est pas de débattre! Le danger, c’est de laisser monologuer les tenants du repli national, les nostalgiques qui sont prêts à emboucher le clairon de Déroulède et de Vichy», a-t-il poursuivi.
«Tribune politique»
Pour expliquer la défection de Nicolas Sarkozy au colloque, Matignon a affirmé que «l'Elysée a considéré que le chef de l'Etat avait déjà beaucoup traité du sujet» à l'occasion de
son déplacement dans la Drôme, le 12 novembre.
La Société des rédacteurs du Monde (SRM) avait regretté la semaine dernière le partenariat conclu entre le quotidien et l'Institut Montaigne en vue de ce débat, estimant qu'il se transformait «en tribune politique au seul profit d'un discours du président de la République».
C. F. (avec agence)