Essais, biographies, professions de foi ou même romans: les livres politiques cartonnent. En tête des ventes essais du classement Livres Hebdo depuis trois semaines, réimprimé trois fois pour atteindre 390 000 exemplaires, les mémoires de Jacques Chirac en sont le meilleur exemple. «Les Français manifestent un intérêt réel pour ces ouvrages, car ils ont envie de comprendre le monde dans lequel ils vivent et le sens des grandes échéances électorales, analyse Luce Perrot, présidente de l'association Lire la politique. Mais ces livres doivent proposer un vrai contenu pour marcher.»
Des livres plus personnels
Et ne pas se contenter d'énoncer un programme. «Avant, les hommes politiques développaient leur projet dans des livres de dialogues, poursuit Luce Perrot. Aujourd'hui, les livres sont plus personnels. Ils éclairent davantage la personnalité de l'auteur que son programme. Dans Femme debout, Ségolène Royal a établi une complicité avec ses lecteurs qu'aucun autre homme politique n'avait alors tissée.» Après, tout dépend de la popularité de l'auteur: un livre vendu à 50.000 exemplaires est un succès convenable pour la Verte Cécile Duflot, mais un flop pour Laurent Fabius.
Balkany, Pécresse, Besson et Jospin en janvier...
A l'approche des élections régionales en mars, le programme s'annonce chargé pour les libraires. «Il y a toujours une surproduction de livres politiques avant des élections», remarque Blandine Daurios-Clerc, responsable du rayon politique à la librairie bordelaise Mollat. « Pour janvier, on attend les livres de Patrick Balkany, Eric Besson, Christian Estrosi, Valérie Pécresse, un abécédaire de Danièle Mitterrand et un livre de Lionel Jospin programmé le 7 janvier explique Nicolas Verry, chef documentaliste à Livres Hebdo. D'autres sorties sont annoncées, comme celles d'un Mélenchon et un Montebourg, déjà repoussées, ce qui n'est pas bon signe: le gros problème avec les livres politiques, c'est qu'ils ne sortent pas toujours à la date annoncée et sont souvent plusieurs fois différés.»