EUROPE - Le nouveau commissaire européen au Marché intérieur et aux services financiers tient à rassurer, mais ne livre pas ses projets…
«Je suis très heureux», lance Michel Barnier en entrant dans la salle de presse de la représentation de la commission européenne à Paris. Le commissaire
fraîchement nommé prend place, seul, derrière une table en bois brut, face à la dizaine de journalistes présents. Il s'excuse même de les avoir «dérangé en pleine journée».
Car sa nomination n’est pas un tremblement de terre politique. Vivement soutenu par Nicolas Sarkozy,
Michel Barnier vient de décrocher le poste de commissaire européen au Marché intérieur et aux services financiers. Un poste clef dans un contexte de crise. Des fonctions très encadrées afin de rassurer la Grande-Bretagne qui ne voit pas d'un bon œil la nomination d'un Français à un tel poste.
«Je travaillerai avec tout le monde»
«Je suis quelqu'un de pragmatique, explique-t-il. Je veux être crédible. J'écouterai tout le monde et je travaillerai avec tout le monde», a-t-il tenu à rassurer. «Nous prêtons serment ce qui signifie que nous sommes indépendants devant les intérêt privés et les intérêts nationaux», ajoute-t-il.
Michel Barnier tente même de se défendre en précisant qu'il a déjà entretenu de très bons rapports avec des collaborateurs britanniques dans le passé. «On n'a pas besoin de me rappeler l'importances de certaines places financières», souligne-t-il enfin, faisant allusion à la City de Londres. La réticence de la Grande-Bretagne ne semble pas être un sujet de débat pour le commissaire nommé qui refuse tout procès d'intention.
Dans les pas du G20
Interrogé sur sa feuille de route, Michel Barnier ne livre aucun détail de futur «programme». Il tient à respecter la règle. Le protocole veut, en effet, qu'on attende les auditions de début janvier au cours desquelles il détaillera son plan d'action.
«J'ai envie de me comporter comme un homme politique et non pas comme un super directeur général», lance-t-il, précisant qu'il suivra la feuille de route du G20, mais n'en dira pas plus sur ses chantiers prioritaires.
Et vous, qu’en pensez-vous? La nomination de Michel Barnier est-elle une bonne chose pour la France?
Maud Descamps