IDENTITE NATIONALE - Pas invité au débat sur l'identité nationale, il veut montrer son indignation...
Jean-Luc Burgunder, conseiller municipal Verts de Montargis et Vice-président du Conseil Régional du Centre, qui n’a pas reçu d’invitation au débat de ce mercredi soir, a décidé de symboliquement rendre sa carte d’identité, jeudi matin à la mairie de Montargis.
Contacté par 20minutes.fr il se dit «vraiment fâché». «Si le débat se réduit à l’appartenance à un parti politique, ça n’a pas de sens, c’est devenu intolérable».
«Il y a le fond et la forme. En l’occurrence, la forme augure mal de la suite de ce débat», poursuit Jean-Luc Burgunder. Ce mercredi soir à 20 heures,
le premier débat sur l’identité nationale va se tenir au ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, à Paris. Cette réunion est la première du débat lancé par le ministre de l’Immigration, qui «a pour objectif d'associer l'ensemble de nos concitoyens à une réflexion de fond sur ce que signifie, en ce début de 21e siècle, être français», indique une circulaire du ministre envoyée à tous les préfets.
Pas un «débat contradictoire»
Plus de 180 réunions sont à ce jour programmées jusqu'à la fin janvier, organisées et présidées par les préfets et sous-préfets. Elles sont ouvertes aux élus, représentants des communautés étrangères, associations, enseignants, élèves et parents d'élèves, syndicats, représentants des cultes et «au public dans toute la mesure du possible», selon la circulaire.
Or parmi les présents, parmi les «forces vives du Loiret», Franck Supplisson, maire-adjoint de Montargis sera présent. Il n’est autre que... le directeur de cabinet-adjoint d’Eric Besson, précise Jean-Luc Burgunder. France Inter précise qu’un autre élu d’opposition n’a toujours pas reçu l’invitation. Sur le site du
Nouvel Obs, le maire de Montargis
ne voit pas où est le problème, affirmant que le but de la réunion «n'est pas d'avoir un débat contradictoire».
>> Suivez en direct ce premier débat dès 20 heures sur 20minutes.fr
«Inutile et dangereux»
Autant dire que le débat ne sera pas forcément très animé. La gauche critique l'organisation de ce débat qui, dit-elle, oppose
identité nationale et immigration, risque de stigmatiser les immigrés et survient à quelques mois des élections régionales.
«Inutile et dangereux», selon l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard. Pour le sénateur socialiste Robert Badinter, «il aurait fallu que les responsables politiques de tous les partis soient reçus à l'Elysée pour discuter de son contenu». «Là, c'est le pouvoir exécutif qui a décrété qu'il fallait débattre sans délai de l'identité nationale, dans les préfectures, et avant les régionales».
Pour Martine Aubry, Première secrétaire du Parti socialiste (PS), «Nicolas Sarkozy fait honte à la France en voulant opposer identité nationale et immigration». Pierre Moscovici (PS) dénonce des «thèmes ambigus» ressortis «dès lors qu'apparaît une élection et que le Front national paraît se ressaisir un peu».
Début octobre, le centriste François Bayrou avait vu dans ce débat sur l'identité nationale «une recette électorale». Certains appellent au boycottage du débat comme la CFDT, estimant qu'il risque d'«occulter les vraies questions» que sont le chômage et la précarité.
Une vingtaine d'intellectuels, dont le prix Goncourt Marie NDiaye, ont aussi appelé à refuser le débat «posé en termes xénophobes», selon eux.
Oriane Raffin
«Conforter notre identité nationale»
Ces discussions doivent faire émerger des propositions «permettant de conforter notre identité nationale et de réaffirmer les valeurs républicaines et la fierté d'être français», ajoute la circulaire. Une première synthèse de l'ensemble de ces forums est prévue le 4 février.