SANTE - Alors que la campagne a débuté ce mercredi, 20minutes.fr a donné la parole aux proviseurs...
La vaccination a-t-elle déjà commencé?
Pas exactement. Si certains établissements ont déjà reçu les vaccins, d'autres attendent toujours. «Pour le moment, on en est à remettre ou recueillir les formulaires de demande des familles», explique un proviseur d'un lycée parisien à 20minutes.fr. Même son de cloche chez cette principale de Lorraine: «Concrètement, jeudi, l'inspecteur académique nous a demandé d'envoyer les convocations, on a donc fait marcher les photocopieurs». A priori, la vaccination va se déployer progressivement jusqu'au 18 décembre.
Qui fera la vaccination?
Des médecins scolaires. «L'accueil des élèves sera fait par un ou deux médecins, et plusieurs infirmières», explique la principale de l'établissement lorrain. Ces personnels de santé seront réquisitionnés pour tourner dans les établissements. «Du coup, nous n'avons plus d'infirmières aujourd'hui: nous avons dû renvoyer chez eux des élèves malades, faute de pouvoir les soigner», déplore-t-elle.
L'accord des parents, comment ça marche pour les familles séparées?
Un seul suffit. «Au départ, nous n'avions aucune indication», regrette Guy Savelon, secrétaire académique du Syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale ( SNPDEN) et proviseur du lycée Corot à Douai. «Initialement, notre inspecteur nous avait dit qu'il fallait l'accord des deux, puis le ministère de la Santé a expliqué que l'accord d'un seul d'entre eux suffisait», explique la principale de Lorraine. Les établissements engageant leur responsabilités dans la collecte des formulaires signé par les parents, toutes les signatures seront vérifiées: «Le cas catastrophique serait qu'un élève signe le papier tout seul sans savoir qu'il a une contre-indication, et qu'en résulte pour lui des problèmes de santé», ajoute-t-elle.
Et si l'enfant ne veux pas être vacciné malgré l'accord des parents?
A priori il n'est pas vacciné. «S'il ne veut pas, il n'est pas vacciné. Je ne vois pas une équipe attacher un enfant pour le vacciner», confie un proviseur parisien pour qui «le droit ne résout pas tout». «C'est effectivement ce qu'a déclaré Madame Bachelot à la télé, mais je n'ai pas de consigne écrite à ce sujet», nuance toutefois notre principale de Lorraine. Guy Savelon, lui est formel: «Le refus de l'enfant prime.»
Comment seront stockés les vaccins?
Dans un frigidaire muni d'un thermomètre. Une fois le nombre de vaccins débloques, les établissements doivent aller les chercher dans les centres de vaccination. Ils les remmènent «dans une glacière électrique», raconte la principale lorraine. Ensuite, les vaccins seront stockés dans «les réfrigérateurs de l'infirmerie de l'établissement, avec un thermomètre pour contrôler la température», explique-t-elle.
Est-ce que beaucoup de parents ont demandé la vaccination?
Pas vraiment. «Un collègue d'un lycée voisin a reçu 20 demandes pour 400 élèves», explique Guy Savelon, pour qui il y a une «méfiance» des parents, liée à des «avis médicaux quelques peu contradictoires». En Lorraine, notre principale évalue à «15%, pas plus» le nombre d'élèves ayant fait la demande.
E.J.