SECURITE – Déjà testé en Espagne, il sera bientôt un outil supplémentaire en France pour protéger les femmes battues...
François Fillon a annoncé mercredi vouloir créer un délit de «violences psychologiques au sein du couple» et tester
le bracelet électronique pour contrôler les conjoints violents, afin d'intensifier la lutte contre les violences conjugales.
Comment fonctionne ce dispositif?
L'agresseur porte à la cheville ou au poignet un bracelet électronique. Il s'engage à ne pas approcher la personne qu'il a agressée. De son côté,
la victime est équipée d’un émetteur avec bouton d’urgence, qui lui permet d’appeler et d’être localisée en cas de danger. Sur un écran de contrôle, dans un centre de surveillance, des personnes surveillent l'évolution des personnes dotées du bracelet. Leur parcours apparaît sous forme de pointillés sur l'écran de contrôle. Si l’agresseur ne respecte pas les règles, une alarme se déclenche dans le centre de surveillance. Il est ensuite localisé par GPS, ainsi que la victime. Et la police est envoyée sur les lieux.
Ces bracelets existent-ils déjà en France?
Oui et non. La société qui fabrique les bracelets électroniques pour nouveaux-nés dispose des technologies pour la mise en place d'un tel système. «Pour le moment nous n'avons pas été contactés pour fournir ces bracelets», explique Laurent Levasseur directeur général de «Bluelinea».
Quand va-t-il être mis en place?
Dès le début de l'année prochaine. Cette mesure sera testée «dès le début de l'année 2010» comme «une alternative aux poursuites ou une modalité d'exercice de la peine», a détaillé François Fillon.
Est-ce que ça existe déjà ailleurs?
Oui, il est utilisé en Espagne.
Il a été mis en place en juillet dernier. Ce dispositif concerne 12.000 femmes victimes. Concrètement, le conjoint violent est muni d'un bracelet électronique et la victime se voit dotée d'un boîtier, qui sonne si son agresseur approche de trop près son domicile ou son lieu de travail. Ce même boîtier est muni d'un dispositif lui permettant d'alerter la police dès qu'elle est menacée.
Pour l’instant, seuls 49 bracelets sont pour l’instant en service.
Qui décidera de faire porter le bracelet?
Si cela se passe comme en Espagne, c'est sur décision du juge que le bracelet sera placé au poignet ou à la cheville de l’agresseur. C’est ici, dans cet immeuble des alentours de Madrid que le contrôle est assuré. «Le dispositif a un effet dissuasif sur l’homme qui se sait surveillé, explique Carlos Martin, le coordinateur de l’équipe. Il apporte aussi une sécurité à la femme, qui se sent accompagnée.»
Bien que l'initiative soit saluée, des questions restent en suspend, notamment sur le temps nécessaire à la police pour se rendre sur les lieux et intervenir avant que l'agresseur d'agisse.
Maud Descamps
Violences en France
En 2008 en France, 157 femmes ont perdu la vie sous les coups de leur conjoint.