Ils ne veulent pas être des « boucs émissaires ». Le premier syndicat de gardiens de la paix, l'Union SGP-FO/Unité police, a dénoncé, hier, la politique du chiffre du gouvernement qui « impose des quotas d'interpellations aux fonctionnaires » ne leur permettant pas d'« exercer avec discernement ». La veille, François Fillon, qui inaugurait une maison d'arrêt dans la Sarthe, avait jugé « évident » la nécessité de « repenser la garde à vue ». Il s'agit d'un « acte grave » qui ne doit pas être envisagé « comme un élément de routine » par les enquêteurs, a estimé le Premier ministre.
« L'Union SGP-unité ne peut que souscrire à cette belle déclaration de principe démocratique, a souligné son secrétaire général, Nicolas Comte. Mais c'est le gouvernement qui impose le nombre de gardes à vue comme un indicateur essentiel de l'activité des services. » « C'est un faux problème sur un vieux débat », a, pour sa part, déclaré Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat Alliance, qui craint que la réforme n'aboutisse à une plus grande implication de la défense : « Il ne faut pas confondre le système anglo-saxon et notre système basé sur l'aveu. Nous ne sommes pas contre l'intervention de l'avocat durant la garde à vue, a-t-il ajouté, mais il ne faut pas lui laisser consulter le dossier par exemple. » W
C. M. (avec AFP)