Manuel Valls l'avait annoncée en décembre 2008, sa proposition de loi sur l'euthanasie est arrivée dans l'hémicycle. L'objectif du texte: aller plus loin que les préconisations de la commission Leonetti en la matière. Mais ce jeudi, au moment de l'examen, le gouvernement a demandé la réserve du vote par la voix de Roselyne Bachelot. Renvoyé à plus tard, autrement dit. A mardi, précisément.

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«Une fois de plus le gouvernement méprise l'opposition», fulmine Jean-Marc Ayrault. Le chef de file des députés PS a quitté l'hémicycle avec les députés de son groupe évoquant une «humiliation», dénonçant «le diktat de l'UMP». Le gouvernement a en effet usé plusieurs fois de cette réserve, utilisée habituellement avec parcimonie.

Manifestation des militants pour les «Droits de la Vie»

Devant le Palais Bourbon, même effervescence, mais pas pour les mêmes raisons. L’Alliance pour les Droits de la Vie manifeste son opposition à l’euthanasie. Environ 70 personnes se sont allongées au sol, sous des draps blancs, en tenant des panneaux indiquant notamment «Ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie».

Le texte, porté par les députés PS, apparentés et PRG, prévoit que «toute personne majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée et qu’elle juge insupportable, peut demander à bénéficier d’une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité».

«Instaurer un nouveau droit de l'homme pour le 21e siècle»

Il a reçu le soutien de Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD). Cette proposition «est différente de la nôtre, mais reste une loi d'humanité, de respect et de dignité», a indiqué l'ancien secrétaire national de l'UMP dans un courrier adressé aux députés.

De son côté, Manuel Valls a indiqué vouloir «franchir une nouvelle étape» et «instaurer un nouveau droit de l'homme pour le 21e siècle». Le député de l'Essonne a estimé sur i>Télé que les Français étaient «très majoritairement» favorables à cette idée et qu'il y aurait certainement des «députés» et des «sénateurs de droite» qui la voteraient.

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Un sondage, publié en mai, indique en effet que 86,3% des Français sont favorables à une légalisation de l'euthanasie. Les observateurs estiment cependant que la proposition de loi socialiste a peu de chance d'être adoptée à l'Assemblée.

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