Éric Besson s'attaque aux « mariages gris »

IMMIGRATION Le ministre a dénoncé, hier, «les escroqueries sentimentales à but migratoire»...

Vincent Vantighem

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Créée par le ministre de l'Intérieur, l'expression de « mariage gris » désigne
un mariage blanc assorti d'une manipulation amoureuse.

Créée par le ministre de l'Intérieur, l'expression de « mariage gris » désigne un mariage blanc assorti d'une manipulation amoureuse. — S. POUZET / 20 MINUTES

Il n'a aucune statistique pour mesurer le phénomène. Mais assez de convictions pour s'en emparer. Eric Besson a annoncé, hier, la création d'un groupe de travail sur les «mariages gris».

Une nouvelle expression créée pour l'occasion par le ministre de l'Immigration. Elle qualifie l'union d'un(e) Français(e) avec une personne étrangère qui l'aurait manipulé dans le simple but d'obtenir la nationalité française. Pour Eric Besson, « c'est une escroquerie sentimentale à but migratoire ».

Faute de chiffres précis, le ministre s'en est donc remis, hier, aux témoignages. Sous les ors de son ministère, une cinquantaine de victimes étaient appelées à raconter leur histoire. Parmi elles, Nathalie, jolie brune aux yeux verts d'à peine 30 ans.

«Un viol physique et psychologique»

«Au départ, il était toujours très attentionné avec moi, dit-elle en parlant de son ex-mari. Il m'a très vite demandé en mariage. Tout de suite après, il a voulu un enfant. Quatorze jours après l'accouchement, il m'a mise à la porte. Il a eu sa carte de résident en juillet dernier... J'ai eu l'impression de subir un viol physique et psychologique.» Au micro, Alima ou Roland racontent le même genre d'histoire. Maroc ou Pérou, seule l'origine de leurs ex varie dans le discours.

«Pour moi, le ministre agite un nouveau truc pour faire peur, déplore Nicolas Ferran, coordinateur du Mouvement des amoureux au ban public, qui défend les mariages binationaux. Ce n'est pas aussi simple de savoir pourquoi un couple échoue. Il y a toujours deux versions. Et ici, nous n'en avons qu'une.»

Le sociologue Eric Fassin est tout aussi critique. Il ironise: «Si l'on veut réduire l'immigration familiale, alors qu'elle est légale, il faut introduire le soupçon: ce ne sont pas de vraies familles, ce ne sont pas de vrais couples!» Eric Besson se donne six mois pour annoncer les premières mesures.

 

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