Comment la distribution d'argent a tourné au vinaigre

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Publié le 16 novembre 2009.

DEBORDEMENTS - Cette fois, les organisateurs pourraient devoir payer pour leur buzz...

Que s'est-il passé?
Une opération de com a mal tourné. Une société voulait distribuer de l'argent dans la rue, samedi près de la Tour Eiffel, à Paris. L'opération, annoncée de longue date, a attiré jusqu'à 7.000 personnes. La cinquantaine d'agents de sécurité et les barrières métalliques n'ont pas suffi à contenir la foule. La Préfecture de police a alors demandé d'annuler la distribution. Déçus, certains participants ont violemment protesté. Une voiture a été retournée, les policiers et des vitrines ont été la cible de projectiles, et un journaliste a été roué de coups. L'organisateur a annoncé qu'il «reverserait l'intégralité de la somme qui était prévue au Secours populaire», soit «environ 100.000 euros».

La distribution était-elle autorisée?
Les versions divergent. La préfecture de police de Paris affirme qu'elle avait prévenu l'organisateur que «la distribution d'argent comme support publicitaire était interdite» et qu'elle avait souligné «les risques de troubles à l'ordre public dont il est responsable». Mais de leur côté, ces derniers assurent qu'ils avaient «reçu l'autorisation formelle et écrite d'organiser la manifestation». Contactée par 20minutes.fr, la préfecture a indiqué qe «ce type de manifestation ne fait l'objet que d'une simple déclaration» et qu'«aucune autorisation n'est délivrée» à proprement parler. Quant à la sécurité, «elle est à la charge des seuls organisateurs». Contactés, ces derniers n'ont pas répondu à nos sollicitations.

Qui se cache derrière cette opération?
Deux rois du buzz. Ce gigantesque coup de pub a été organisé par la société Rentabiliweb, spécialisée dans la monétisation d'audience sur le Web, pour sa filiale Mailorama. A la tête de Rentabiliweb, un personnage haut en couleur, Jean-Baptiste Descroix-Vernier, dont la holding personnellle se nomme «Golden glaouis invest». Et derrière mailorama.fr, on retrouve Stéphane Boukris, passé maître dans l'art du buzz avec notamment le site polémique faismesdevoirs.com, projet avorté proposant de faire faire ses exercices scolaires moyennant finance.

Quelles suites judiciaires seront données à cette affaire?
Les organisateurs pourraient être poursuivis. Deux personnes ont été déférées au parquet de Paris ce lundi en vue d'un jugement en comparution immédiate. Dans un premier temps, le ministère de l'Intérieur a «annoncé son intention de déposer plainte contre l'organisateur de l'événement à l'origine de ces troubles». Michèle Alliot-Marie n'a pas confirmé la procédure, mais a assuré que «la requête sera examinée». Avant de préciser les scénarios possibles: «Il y a deux façons de poursuivre: l'une sur des faits commis et c'est au pénal, et l'autre au civil par des gens ayant subi des dommages».
J. M.
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