Vaccin contre la grippe A (H1N1).
Vaccin contre la grippe A (H1N1). - ZEPPELIN / SIPA
Quels sont les effets secondaires connus du vaccin?
Officiellement, les mêmes que ceux du vaccin contre la grippe saisonnière. «La base du vaccin est exactement la même que celle utilisée depuis des années», indiquait récemment un médecin à 20minutes.fr, précisant que seule la souche virale est différente. Uniquement un inconfort mineur et passager (inférieur à 48 heures) serait donc à craindre, avec une petite fièvre ou des réactions locales au point d’injection, type douleur, rougeur et gonflement. Le débat sur le syndrome de Guillain-Barré est relancé par un cas découvert chez une femme peu de temps après sa vaccination. «Il y a 70 fois plus de Guillain-Barré à la suite d'une grippe qu'après une vaccination contre la grippe», estime cependant le professeur Christian Perronne, du Haut Conseil de la Santé publique.

Quels risques présentent les adjuvants?
Les avis divergent. Les adjuvants sont présents dans la majorité des vaccins. Ils sont chargés de renforcer l'efficacité du vaccin en stimulant la fabrication d'anticorps par le système immunitaire. Le professeur Daniel Floret assurait récemment à LCI.fr que «selon l'OMS, depuis 1997, 22 millions de doses de vaccin antigrippal contenant environ 10 mg d'adjuvant par dose ont été administrées sans aucune réaction indésirable grave». Selon le Syndicat national des professionnels infirmiers, cependant, l’adjuvant AS03 (un mélange de squalène et de polysorbate) utilisé dans le vaccin contre la grippe A (H1N1), n’aurait jamais été utilisé auparavant dans un vaccin commercialisé à large échelle. Il serait susceptible de déclencher des réactions immunitaires excessives, voire d'augmenter la probabilité de survenue du syndrome de Guillain-Barré.

Pourquoi les vaccins sans adjuvants sont-ils réservés aux femmes enceintes et aux enfants?
Pour deux raisons. D'abord parce que les effets des adjuvants n'ont pas été étudiés chez ces deux populations. Ensuite, tout simplement parce qu'ils ne sont pas encore disponibles, et que les attendre retarderait le début de la campagne de vaccination, diminuant son efficacité. Le laboratoire Sanofi-Pasteur n'a en effet pas reçu l'autorisation de mise sur le marché pour son vaccin avant le début de la campagne. Compte tenu des délais d'acheminement des vaccins, le ministère prévoit leur disponibilité pour le 20/22 novembre.

Le vaccin est-il une manne pour les labos?
Oui. Roselyne Bachelot a affirmé jeudi au Sénat que les marges des laboratoires étaient «extrêmement réduites». Cependant, ces derniers, en position de force au moment des négociations, se frottent déjà les mains. Si le labo américain Baxter n'a communiqué aucun chiffre, le suisse Novartis et le français Sanofi-Aventis ont annoncé un confortable chiffre d'affaires supplémentaire au 4e trimestre grâce à leurs vaccins anti-grippe A. De 268 à 468 millions d'euros pour le premier et de 334 millions d'euros pour le second. Grand gagnant: le labo britannique GlaxoSmithKline (GSK), qui commercialise également des masques et le Relenza (le concurrent du Tamiflu dont les ventes, encore modestes, ont récemment explosé), annonce 1,12 milliard d'euros de revenus supplémentaires au 4e trimestre 2009.

Le ministère doit-il absolument écouler ses stocks?
Oui, d'une manière ou d'une autre. La France a commandé 94 millions de doses, et seuls 21% des Français seraient prêts à se faire vacciner. De plus, on saura bientôt si le mode de vaccination est efficace en une seule injection au lieu de deux prévues initialement. Roselyne Bachelot persiste cependant à affirmer que la totalité des stocks sera utilisée l'année prochaine, et qu'un éventuel surplus serait revendu à d'autres pays.

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