Cour d'assises de Paris: Antonio Ferrara fait le malin

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Publié le 6 novembre 2009.

JUSTICE - Le «roi de la belle» et dix autres personnes comparaissaient à partir de ce vendredi pour une attaque à l'arme de guerre d'un fourgon blindé, à Toulouse, en novembre 2001...

C'est la troisième fois en un an qu’Antonio Ferrara est jugé par une cour d'assises. Sommé de se taire et de se «tenir droit», l'accusé a essuyé son premier rappel à l'ordre de la cour d'assises moins d'une heure après le début de son procès, ce vendredi. Détendu, voire hilare, élégant en chemise blanche sous pull-over mauve, Antonio Ferrara n'a pas fait mentir son aura de vedette devant la cour d'assises de Paris.

«Si vous jouez le rôle de la maîtresse, là ça va mal démarrer»
 
Détenu à l'isolement depuis six ans, ce fils d'immigrés italiens n'a pas boudé son plaisir de renouer avec le monde extérieur, même si c'est derrière la vitre blindée d'un box, devant une haie de gendarmes. Son cabotinage flirte souvent avec les limites du respect de l'audience. Parfois, il les dépasse. «M. Ferrara, tenez-vous droit et arrêtez de parler!», l'interpelle la présidente Laurence Turbe-Bion, alors que le procès n'a pas débuté depuis une heure.
 
«Si vous jouez le rôle de la maîtresse, là ça va mal démarrer», rétorque l'accusé, soudain sérieux. Ces deux-là se testent, se jaugent, établissent un rapport de force.
 
Dispositif de sécurité rodé

Le procès se tiend jusqu'au 11 décembre sous haute surveillance, un dispositif de sécurité désormais rôdé puisque c'est la troisième fois en un an que Ferrara est jugé par une cour d'assises.

En décembre 2008, à l'issue de dix semaines d'audience émaillées d'incidents devant la cour d'assises de Paris, il avait écopé de 17 ans de réclusion pour son évasion de la prison de Fresnes en mars 2003. Il s'était déjà fait la belle de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) en 1998. En avril dernier, il avait en revanche été acquitté en appel par les assises de l'Essonne pour le braquage d'un fourgon de la Brink's, fin 2000, à Gentilly (Val-de-Marne).

34 impacts de balles sur le fourgon

Antonio Ferrara a toujours nié toute implication dans la tentative de braquage d'un véhicule blindé de transport de fonds de la société Valiance, le 23 novembre 2001 à quelques centaines de mètres du commissariat central de Toulouse. Alors qu'il roulait, le fourgon avait été pris en sandwich par un camion-benne et un 4x4 qui lui avaient coupé la route. Six hommes avaient surgi des véhicules et tiré avec des armes automatiques et fusils d'assaut sur le fourgon où se trouvaient quatre convoyeurs.

Aucun d'entre eux n'avait été blessé bien que 34 impacts de balles aient été relevés sur et autour du pare-brise du camion blindé. Les quatre hommes, après avoir riposté, étaient finalement parvenus à dégager leur véhicule et à rejoindre le site de leur entreprise situé non loin de là. De leur côté, les six assaillants avaient réussi à prendre la fuite à bord de deux véhicules où deux complices les attendaient.

Braquage entre amis

L'ADN trouvé par les enquêteurs dans les traces de sang du blessé ainsi qu'un long travail de vérification de la téléphonie mobile ont progressivement permis d'identifier et d'arrêter les suspects. La liste de ceux qui comparaissent devant les assises donne à cette affaire l'allure d'un braquage entre amis tant les connexions entre les accusés, originaires de Paris, Marseille et la Corse, sont nombreuses: dans le box, Ferrara a retrouvé Dominique Battini, aux côtés duquel il avait été jugé pour l'évasion de Fresnes, ainsi que deux autres braqueurs, Michel Acariès et Robert Bérengier, avec lesquels il avait comparu pour l'attaque du fourgon blindé de Gentilly.

Deux autres des six assaillants présumés, Alexandre Vittini et Jean-Philippe Boehm, sont jugés «en famille»: le premier aux côtés de sa mère et son frère, le second aux côtés de son frère, tous trois accusés d'avoir prêté assistance à leurs proches en cavale.

>> Retrouvez notre dossier sur Antonio Ferrara en cliquant ici

Sous le coup de plusieurs condamnation, Ferrara, 36 ans, détenu à l'isolement depuis six ans, n'est pas libérable avant 2035, selon son avocat, Lionel Moroni. Ce dernier espère que le procès qui s'ouvre vendredi sera une «nouvelle occasion de démythifier l'image du Ferrara braqueur».
B.D. avec agence
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