Le pire dans cette histoire, c'est que Oualid n'aime pas trop l'alcool. Et pourtant, ce garçon de 16 ans a accepté de jouer les cobayes pour 20 Minutes. Lundi soir, il a écumé les échoppes de la rue de Vaugirard (Paris 15e) dans le but d'acheter de la bière, de la vodka et du vin. Et il a réussi le grand chelem.
Premier arrêt dans une supérette à deux pas de la porte de Versailles. L'adolescent, originaire de Bobigny (Seine-Saint-Denis), s'engage d'un pas décidé dans le rayon des bières. Un pack de quatorze canettes sous le bras, il s'approche de la sortie. «J'allais fermer, lui lance le caissier. Mais si vous n'avez que ça, passez!» Cheveux gominés et look travaillé, Oualid n'a pas l'air d'avoir 12 ans. Il n'a pas l'air d'en avoir 18 non plus.
Une discussion sur les marques d'alcool avec le gérant
Direction une petite épicerie de quartier. Là, le lycéen en classe de première sciences médico-sociales se paie même le luxe de discuter des marques d'alcool avec le gérant. «Je lui ai demandé où étaient les flasques de Jack Daniels, raconte-t-il. Mais il n'avait que des bouteilles d'un litre...» Du coup, il s'est rabattu sur la vodka sans rencontrer le moindre problème.
Même topo de l'autre côté de la rue, dans un grand supermarché. Malgré les pancartes «Vente d'alcool interdite aux mineurs» à l'entrée, Oualid achète tranquillement deux bonnes bouteilles de bordeaux.
«Demi ou pinte? C'est happy hour! »
Les bras chargés, il finit sa petite excursion dans un bar lounge à l'angle de la rue de la Convention. Il est 19 h. «Grimbergen, Carlsberg, Kro ou blanche? l'interroge la serveuse alors qu'il commande une bière. Demi ou pinte? C'est happy hour!» Perplexe, Oualid opte finalement pour une Grimbergen. «Mais je ne suis pas surpris. Dans mon quartier aussi, les petits achètent de l'alcool comme ils veulent!»