L'alcool s'écoule encore chez les mineurs

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Publié le 6 novembre 2009.

ENQUETE - «20 Minutes» a testé les limites de la loi réglementant la vente d'alcool aux plus jeunes...

Il y a la règle et la réalité. Plus de trois mois après l'entrée en vigueur de la loi Hôpital, patients, santé et territoires, publiée au Journal officiel le 22 juillet, nous avons voulu tester la bonne application du texte interdisant la vente d'alcool aux mineurs. Le résultat est plus que mitigé.

Contacté par 20 Minutes, le ministère de la Santé n'a pas souhaité s'exprimer, jugeant notre bilan «prématuré». Les vendeurs peu regardants ont beau risquer 7.500 euros d'amende, les infractions restent pour l'heure tolérées.
 

Les mineurs pas vraiment à sec
Les moins de 18 ans sont censés ne plus pouvoir acheter de boissons alcoolisées dans les bars et commerces, y compris celles du deuxième groupe (vin, cidre, bière...), jusque-là autorisées aux plus de 16 ans. «Il est vrai que la loi est difficile à appliquer, le vendeur de boissons devant se transformer en auxiliaire de police», reconnaît le Dr Michel Craplet, de l'Association de prévention en alcoologie et addictologie. Mais selon lui, le ministère est coupable de « ne pas assez communiquer sur cette mesure, promulguée cet été en catimini ». Mi-octobre, le responsable d'un bar d'Agen où sept mineurs ont été contrôlés positifs au test d'alcoolémie a simplement été convoqué au commissariat pour un rappel à la loi.
 

Le plein et une bière fraîche, c'est toujours possible
La vente d'alcool est désormais bannie dans les points de vente de carburant (sauf les grandes surfaces) entre 18h et 8h. Alors qu'elle n'était interdite que de 22h à 6h depuis la loi Evin de 1991. «Les stations appartenant à des compagnies pétrolières ont aussitôt cessé de vendre de l'alcool, y compris dans la journée, explique Christian Roux, président des Propriétaires-exploitants de stations-service. Mais les indépendants n'ont rien changé à leurs habitudes. » En réalité, le ministère leur a accordé trois mois sans contrôles, le temps d'écouler les stocks.
 

Exit les soirées open bar
Cette mesure appelle un décret en Conseil d'Etat, qui sera signé en fin d'année. En attendant, les fiestas étudiantes avec consos à volonté incluses sont déjà moins nombreuses. «Depuis 2007, une trentaine de nos écoles [sur 200] ont signé une charte où elles s'engagent à interdire les soirées open bar, à offrir des softs gratuits et à désigner un conducteur sobre», explique Alexandre Rigal, de la Conférence des directeurs d'écoles d'ingénieurs. Depuis peu, les écoles de commerce ratifient à leur tour la charte. A Centrale Paris, par exemple, le nombre de verres d'alcool, limité à quatre, est contrôlé via un tampon apposé sur le poignet à chaque conso servie. Mais des excès demeurent. Pas sûr que la loi suffise à les enrayer.

Laure de Charette
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