Les dépenses en sondage de l'Elysée sous l'oeil des députés

POLITIQUE La commission parlementaire a détaillé les listes de dépenses, et a trouvé quelques anomalies...

O.R.

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Une réunion sur les rémunérations des dirigeants des grandes entreprises s'est tenue à l'Elysée mercredi soir autour du président Nicolas Sarkozy, en présence notamment du Premier ministre François Fillon, ont indiqué plusieurs participants à l'AFP.

Une réunion sur les rémunérations des dirigeants des grandes entreprises s'est tenue à l'Elysée mercredi soir autour du président Nicolas Sarkozy, en présence notamment du Premier ministre François Fillon, ont indiqué plusieurs participants à l'AFP. — Fred Dufour AFP/Archives

L’affaire sur les sondages de l’Elysée rebondit. Après avoir été épinglé par la Cour des comptes en juillet, l’Elysée doit maintenant répondre à une commission d’enquête parlementaire, qui se réunit jeudi. Pour dégonfler l’affaire, l’Elysée joue la transparence: Christian Frémont, directeur du cabinet de Nicolas Sarkozy, a remis à la commission les factures et les listes de dépenses, pour un montant astronomique: 3.28 millions d’euros en 2008.

Le quotidien Libération révèle notamment que le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, commandait de nombreux sondages. En 2008, «l’Elysée avait versé 1,5 million d’euros à son cabinet d’études Publifact». Des chiffres consignés dans des documents que 20minutes.fr s'est procuré, consignés par la commission d'enquête parlementaire. «Ce que je constate, c'est qu'on a obtenu les infos que l'on a demandées, note Didier Mignaud, rapporteur général de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale, interrogé par 20minutes.fr. Les comptes sont donc de plus en plus transparents.»

1,42 million d’euros en 2010

Selon le quotidien, avec cette somme, le cabinet a acheté des sondages à l’institut OpinionWay, mais a surtout réalisé une marge de «910.000 euros soit près de 83%...».

Autre bénéficiaire de la cagnotte présidentielle en matière de sondages, Ipsos, dont l’ex-responsable, Pierre Giacometti, est désormais conseiller auprès de Nicolas Sarkozy. S’il dément dans Libération faire des «recommandations régulières et fréquentes d’Ipsos à l’Elysée», son cabinet (Giacometti-Peron) est un des fournisseurs préférés de l'Elysée en matière de conseils. Il a ainsi touché 723.580 euros en 2008 de l'Elysée et devrait percevoir 665.574 euros en 2009 selon l'AFP.

Cependant, Pierre Giacometti indique à 20minutes.fr que sa société, GiacomettiPéron, ne s'occupe pas de production de sondages, qu'il n'est pas «conseiller auprès de Nicolas Sarkozy» et n'a jamais «touché 700.000 euros en 2008». Un contrat existe bien entre la société GiacomettiPéron et la présidence de la République. Le budget contractuel de 43.500 euros mensuels correspond à la réalisation d'une mission de conseil, diagnostic d'opinion et stratégie de communication politique. Il ne représente en aucun façon une rémunération individuelle mais la contrepartie d'une mission sur laquelle  interviennent une demi-douzaine de personnes.

Depuis, l’Elysée a revu le tir, diminuant ses dépenses en opinion et sondages. En 2010, elles ne devraient s’élever qu’à 1,42 million d’euros. «Je vais demander au gouvernement si ces dépenses ne sont pas reportées autre part», sur un autre budget, se méfie néanmoins Jean Launay, rapporteur de la mission parlementaire. Quant à Didier Mignaud, il dit se poser des questions sur «la fabrication de l'opinion publique via les sondages, commandés par l'éxécutif et diffusés dans les journaux, avec des questions ciblées qui peuvent orienter le choix des citoyens.»