La loi existe, mais elle n'est que très peu appliquée. Depuis 1978, le fichage ethno-racial est sévèrement puni : cinq ans de prison et 300 000 euros d'amende pour les personnes physiques et 1,5 million d'euros pour les entreprises. Or, la première condamnation date d'octobre 2008. Pour relancer ou entamer des poursuites judiciaires, SOS Racisme et la Fédération nationale des maisons des potes ont recensé dix-huit cas de fichage ethno-racial dans un rapport remis hier au gouvernement. Sont montrés du doigt l'office HLM de Vitry-sur-Seine (94), qui « dose » les Antillais par cage d'escalier, ou encore un hôtel Campanile, dont le logiciel affecte une origine ethnique en fonction de la consonance du nom du client. Il est aussi reproché à Euro Disney de classer ses salariés par catégories (Afrique, Maghreb, Antilles...). Hier, un huissier, sur ordre du tribunal de grande instance de Meaux, s'est rendu à Marne-la-Vallée (77) pour « prendre connaissance du fichier du personnel et du site Internet du recrutement », selon la direction du parc d'attractions. W
Catherine Fournier