- BASSIGNAC / JDD / SIPA

Vous allez annoncer aujourd'hui une expérimentation du CV anonyme dans une cinquantaine d'entreprises. Pourquoi le remettre au goût du jour ?

En France, le culte du CV est tel qu'il génère des oeillères chez les recruteurs. Grâce au CV anonyme, tous les candidats auront une chance d'accéder à un premier entretien et les entreprises seront incitées à dépoussiérer leurs pratiques de recrutement. Il sera donc expérimenté dans une cinquantaine de grandes entreprises (Sanofi-Aventis, BNP Paribas, Adecco, Bouygues, Coca-Cola ou La Poste) ainsi que dans sept départements, où les intermédiaires de l'emploi (Pôle emploi, cabinets de recrutement...) se chargeront de collecter les CV pour les anonymiser et les distribuer aux entreprises participantes.

Certaines de ces entreprises l'ont déjà adopté de leur propre chef, pourquoi les solliciter ?

Ces expériences ne sont pas encore assez nombreuses pour être concluantes. On focalisera l'effort sur une dizaine d'entreprises par département afin d'avoir un vrai retour sur expérience. Le bilan sera tiré fin avril 2010 et un premier rapport d'étape sera établi par Pôle emploi début 2010.

Comment tester la pertinence du CV anonyme alors que les statistiques ethniques sont toujours interdites ?

En évaluant son efficacité pour les seniors et les habitants des quartiers sensibles, on saura s'il fait sauter des barrières. Et s'il est efficace dans ces cas-là, je pense qu'il l'est pour tous les autres.

Pensez-vous passer à nouveau par la loi pour le rendre obligatoire ?

Ce serait du pur marketing politique. Plutôt que de passer par la contrainte, nous privilégions une expérimentation positive de terrain qui va prêcher par l'exemple. De plus, je ne souhaite pas m'arrêter à cet outil pour lutter contre les discriminations à l'embauche, mais multiplier les recrutements par simulation.

 

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