Ils peuvent garder leurs pied-à-terre

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Publié le 30 octobre 2009.

C'est non. La cour d'appel de Paris a refusé hier qu'un juge d'instruction se saisisse de l'affaire des « biens mal acquis » par les présidents du Gabon, du Congo et de Guinée équatoriale et leur entourage. La chambre de l'instruction estime que la plainte, déposée par l'association anticorruption Transparence International et à laquelle une juge d'instruction avait donné son feu vert en mai, n'est pas recevable. Selon elle, l'ONG n'est pas fondée à agir.

« Les grands corrompus vont sabler le champagne, s'exclame William Bourdon, l'avocat de Transparence International. Mais la jurisprudence est en notre faveur. Nous allons d'ailleurs nous pourvoir en cassation. » La plainte vise les conditions d'acquisition d'un important patrimoine par le Congolais Denis Sassou N'Guesso, le Gabonais Omar Bongo, aujourd'hui décédé, et l'Equato-guinéen Teodoro Obiang. Montant estimé de ces biens : 160 millions d'euros, selon Transparence Internationale. « Mais ce n'est que la partie immergée de l'iceberg. Il y a des milliards détournés dans ces pays. »

En 2007, la justice française s'était brièvement saisie du dossier du « clan Bongo » avant de classer l'affaire sans suite. Pourtant, selon le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), l'enquête de police est accablante. Outre six garages, les Bongo possèdent trente-trois propriétés dans l'Hexagone dont un hôtel particulier parisien, acquis pour près de 19 millions d'euros en juin 2007.

Une enquête qui n'est guère plus tendre avec le président congolais, Denis Sassou N'guesso, accessoirement beau-père d'Omar Bongo. Selon les procès-verbaux cités par le CCFD, N'Guesso possède notamment un neuf-pièces de 328 m2 à Paris, acheté 2 470 000 euros par son épouse en 2007.

De son côté, la défense du président équato-guinéen a réaffirmé hier que le chef d'Etat ne possède qu' « un pavillon en région parisienne, acquis en 1986 ». Ses avocats affirment d'ailleurs avoir déposé plainte en diffamation. « Faux, répond Daniel Lebègue, président de Transparence. A ce jour, cette plainte ne nous a jamais été notifiée. D'ailleurs, ironise-t-il, nous serions très heureux d'aller à nouveau en justice pour remettre sur la table toutes les preuves en notre possession. » W

Charlotte Mannevy
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