Jean Véronis: «Nicolas Sarkozy est-il fatigué? Débordé?»

250 contributions
Publié le 29 octobre 2009.

INTERVIEW - Le linguiste décrypte le copier-coller du discours du président de la République devant les agriculteurs...

Lors de son discours à Poligny, dans le Jura, mardi, Nicolas Sarkozy a ressorti des passages d’un vieux discours, prononcé en février dernier. Le linguiste Jean Véronis, auteur de Les mots de Nicolas Sarkozy (éd. du Seuil) analyse ce que certains appellent déjà une «bourde».

Une telle similitude entre deux discours est-elle surprenante?
C’est vraiment du copier-coller! C’est fou! Ça me surprend car cela dénote un manque de professionnalisme des équipes autour de Nicolas Sarkozy. Ça fait amateur. C’est surprenant quand on connaît le niveau de sophistication de ses équipes. Je pense qu’ils ne s’en sont pas rendu compte.

Ce qui m’a frappé, c’est que Nicolas Sarkozy lui-même ne s’en est pas aperçu. Par ailleurs, c’est impressionnant, dans la vidéo du Petit Journal, sur Canal+, on constate qu’il a exactement la même intonation et les mêmes gestes au même moment. Il a tellement intériorisé le style, le phrasé, les intonations, que les deux vidéos se superposent à la virgule près! Il est très fort au niveau lecture de discours.

Est-ce que de tels reprises ont déjà été repérées dans les discours de Nicolas Sarkozy?
Il y a toujours une redondance dans ses discours, mais par petits bouts, ce qui donne un effet lancinant. Par exemple avec le travail le dimanche (comme on l’avait montré dans une vidéo, ndlr ).

Comment peut-on expliquer cette «bourde»?

Est-il fatigué? Dépassé? Débordé? On a l’impression qu’il lit des discours sans analyser le fond. Si c’est le cas, c’est inquiétant. Lors du discours de Dakar, en juillet 2007, assez polémique car paternaliste, il y avait déjà eu une polémique. Il a été dit que Nicolas Sarkozy avait lu rapidement le discours dans l’avion. Un manque de vigilance donc?

Autre exemple: pendant la candidature de Jean Sarkozy à l’Epad, le président a tenu un discours sur les lycées le 13 octobre. A un certain moment, il critique les «passe-droit» et les «fils de...». On dirait qu’il ne fait pas le lien! Il aurait pu le faire avec panache, mais ce n’est même pas le cas.

Le message qui en ressort c’est celui d’une perte de contrôle. Quand on contrôle, on ne fait pas ce genre des bourdes. Trop de com’ tue-t-elle la com’?
Propos recueillis par Oriane Raffin
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr