REPORTAGE - Mardi soir, le rassemblement autour de l'ancien Premier ministre a mobilisé supporters de la première heure, soutiens indéfectibles et simples curieux...
On en attendait à peine 750, finalement ils étaient près d’un millier. Mardi soir, les supporters de Dominique de Villepin se sont rassemblés à la Maison de l'Amérique latine, à Paris, à l’occasion d’une soirée organisée autour de l'ex-Premier ministre par le
«Club Villepin». Et ils étaient si nombreux que l'ancien locataire de Matignon a dû réitérer son discours, pour ceux qui avaient été laissés à la porte, faute de place.
Après avoir discouru pendant près de 40 minutes dans une grande salle du premier étage de la Maison de l'Amérique latine, Dominique de Villepin est descendu saluer les fidèles qui étaient restés à l’attendre patiemment, dans les jardins, les yeux levés vers les fenêtres ouvertes de l’étage, espérant entendre ne serait-ce que des bribes de son discours. Après un rapide laïus reprenant les grandes lignes de ce qu’il avait dit auparavant, il a pris un bain de foule parmi ses supporters, souriant et serrant les mains.
Tous sont subjugués par l’ancien locataire de Matignon
Parmi ces mains tendues, celle de Bessma, «venue de Tunis pour voir ce que Dominique de Villepin dégage de près». «Il m’a serré la main, en me regardant droit dans les yeux. C’est rare. S’il fallait miser, je miserais sur lui. Maintenant que je l’ai vu, je pourrais convaincre les gens de le suivre.» Mais ce soir, elle n’aura pas à convaincre grand monde. Tous sont déjà acquis à Dominique de Villepin: Ali est venu avec sa femme et sa petite fille de 7 ans et demi parce que «dans la famille on est de droite, gaulliste et pour de Villepin». Sori n’est pas adhérent à l’UMP, mais «apprécie le personnage, ses valeurs, son verbe, sa cohérence politique», et attend «qu’il soit présent dans la vie politique, nationalement, parce qu’il a une envergure, une stature, une vision».
Isabelle, qui a fait comme tous les autres la queue à l’extérieur, considère qu’il «représente la politique telle qu’elle doit être», et attend de lui «qu’il crée un élan, mais tout sera lié au verdict du mois de janvier», explique-t-elle en faisant
allusion au procès Clearstream. Selon ses soutiens, Dominique de Villepin a eu à subir un «procès injuste», comme dit Antoine, un autre supporter, mais il doit s’en servir pour rebondir, renchérit Philippe, qui attend que Villepin «remette la France sur les rails comme l’a fait le général de Gaulle». De l’avis de tous, l’affaire Clearstream n’était qu’une «cabale», qui a empêché l’ancien Premier ministre d’atteindre ce qu’il aurait pu faire politiquement. «Mais ce n’est que partie remise», espère Mirantchu, qui est venue ce soir «boire ses paroles comme quand il était Premier ministre, en espérant qu’il soit plus prochainement».
Candidat en 2012?
Et, comme elle, la plupart des supporters présents prend déjà date pour les prochaines échéances électorales. Ainsi, Asmahane, soutien de la première heure de «celui qui incarne le mieux les valeurs de la France» à ses yeux, «espère sincèrement qu’il va se relancer en politique». «Pour moi le plus vite sera le mieux. Le discours de ce soir est un avant-goût, et je suis prête à m’investir dans sa campagne pour qu’il soit là en 2012». D’autres, comme Henri, sont plus calculateurs pour leur poulain, et proposent déjà une éventuelle élection aux législatives, afin de «le recrédibiliser auprès des électeurs pour qu’il puisse éventuellement se présenter à la présidentielle.» Peu importe ce que choisira Dominique de Villepin, de toute façon, ils seront là.
Bérénice Dubuc