JUSTICE - Le juge d'instruction a préféré demander l'avis d'un expert de l’hôpital Necker...
Francis Evrard a un chromosome «Y» en trop. Dans les années 1960, c’est ce que l’on appelait le «chromosome du crime». Un vif débat s’était formé sur l’existence ou pas de «criminels nés», après qu’une étude américaine avait pointé la surreprésentation de cette anomalie dans la population carcérale.
En pratique, chez ces hommes il y a trois chromosomes n°23 (XYY) au lieu de la paire classique, XY. Selon l’étude américaine, le chromosome surnuméraire était 35 fois plus fréquent chez les prisonniers que dans la population générale.
La théorie a été depuis battue en brèche, mais le juge d’instruction a préféré demander l’avis d’un expert de l’hôpital Necker pour l’écarter du cas Evrard. La conclusion est résumée par le président du jury, Michel Gasteau, ce mardi:«La grande majorité des criminels ne possède pas cette anomalie XYY, et avoir l’anomalie ne signifie pas que l’on va devenir un criminel». Et c’est tant mieux, puisque le type XYY concerne tout de même un homme sur mille dans la population générale.
Olivier Aballain