JUSTICE - Le procès est entré dans son deuxième jour devant la cour d'assises du Nord...
Nouvelle audience éprouvante
au deuxième jour du procès de Francis Evrard devant la cour d'assises du Nord, à Douai. Ce mardi, le témoignage vidéo du petit Enis, qui avait été enregistré par des enquêteurs de la brigade des mineurs de Roubaix le 16 août 2007, a été diffusé devant la cour.
Peu après, l'accusé, qu'on avait vu sourire pendant la diffusion du film, a déclaré: «Ça m'a fait vraiment mal au coeur (...). J'ai même eu des larmes quand je l'ai vu tout à l'heure. Si j'ai eu un sourire, c'est à cause de ses réponses, parce qu'il est marrant».
«L'audience a une vertu thérapeutique»
Selon son avocat, Jérôme Pianezza, ces regrets sont le signe d'une évolution chez son client. «On entend parler d'un monstre depuis quelques jours. Ce qu'il a dit avec émotion montre une évolution. La carapace se fissure», a-t-il affirmé. Et d'ajouter que «l'audience a une vertu thérapeutique. En voyant la vidéo, il s'est évidemment rendu compte de la souffrance du petit garçon.»
Si Francis Evrard avait reconnu les faits la veille, il avait toutefois affirmé: «Que je sache, il n'a pas subi de préjudice physique.» Une déclaration qui avait fait bondir le père d'Enis lundi. «Pour lui, Enis n’a eu aucune blessure physique. Pour lui, il n’a rien fait. Il est le seul à être éprouvé puisqu’il est en prison. Nous, ce que l’on vit depuis deux ans? Il n’en a rien à foutre»,
avait-il lancé à la sortie du tribunal, fustigeant «les manipulations» de l'accusé.
«Quand les méchants sont enfermés, ils deviennent gentils»
Ce mardi, Musfaca Kocakurt, 38 ans, a décrit péniblement l'enfance de la victime, son «enlèvement» par sa mère, l'abandon par celle-ci du domicile conjugal, puis les évènements du 15 août 2007. «Je suis revenu à la maison. Enis n'était pas là. J'ai compris tout de suite», a-t-il raconté.
L'avocat de la partie civile a pour sa part rappelé les déclarations de l'enfant auprès d'une psychologue qui l'avait rencontré six mois après les faits. En jouant avec des personnages, le petit garçon de 5 ans avait dit: «Quand les méchants sont enfermés, ils deviennent gentils.» Emmanuel Riglaire s'est alors tourné vers Francis Evrard en lui demandant: «C'est vrai ça?» Hésitant longuement avant de répondre, ce denier a répondu, en baissant les yeux, «ça arrive». L'audience, suspendue ce midi, devait reprendre à 14h.
C. F. et Olivier Aballain, à Douai