POLITIQUE - Ils constituent 1% de la population active et 3,5% du PIB, mais pourtant, ils comptent. On vous explique pourquoi...
Depuis le Jura, ce mardi,
Nicolas Sarkozy va prendre la parole, après avoir visité des exploitations, afin de rassurer les agriculteurs. Ce secteur en crise, même s’il représente une part faible de la population active reste stratégique pour le gouvernement.
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Un secteur clé
Il faut dire que l’agriculture est «porteuse d’enjeux», souligne
François Purseigle, sociologue à l’
Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse. «Cet électorat porte en lui des enjeux sociétaux centraux: l’environnement et l’alimentation. C’est avec les agriculteurs qu’on pourra répondre à ces questions.»
Un attachement à droite
Traditionnellement, les agriculteurs votent à droite. Un fait qui n’est néanmoins pas acquis, il faut donc continuer à les séduire. «En 2002, pour la première fois, ils ont été sensibles à l’offre électorale de Jean-Marie Le Pen, puisque 20% des agriculteurs ont voté FN», reprend François Purseigle. «Nicolas Sarkozy a réussi à les reconquérir». Et aujourd’hui, selon un sondage Ifop pour
Le Figaro, ils sont 56% à soutenir Nicolas Sarkozy, contre 39% dans l’ensemble des Français. Le gouvernement doit donc maintenir la tendance.
Un poids non négligeable
D’autant qu’ils comptent. Si les exploitants agricoles ne représentent qu’1% de la population active, quand on ajoute les salariés et les retraités, eux aussi sensibles aux questions agricoles, on atteint les 4%.
Et au niveau régional, surtout, les agriculteurs pèsent lourd. «Dans des régions comme le Massif Central ou le Jura, il y a des poches électorales avec une densité très forte d’agriculteurs. Ils peuvent donc faire basculer un vote régional.»
La méthode
Que ce soit Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy, les présidents de droite ont compris l’enjeu que représente les agriculteurs. Par contre, chacun privilégiera sa stratégie pour les séduire.
Pour Jacques Chirac, c’est «le rapport affectif», note François Purseigle, «il connaît bien le milieu». Pour Nicolas Sarkozy, la stratégie est toute autre: «Il n’est pas issu du monde agricole, explique le chercheur, il ne peut pas donc s’adresser à eux comme un des leurs, mais il se présente comme quelqu’un qui compris qu’ils voulaient être considérés comme des chefs d’entreprise. Il séduit ainsi les différentes composantes du corps électoral agricole». C’est ce qu’a compris Nicolas Sarkozy: fini la solution unitaire, plébiscitée par son prédécesseur, il s’adresse a une profession hétérogène.
Oriane Raffin