Francis Evrard: «Il faut que j'arrête cela»

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Publié le 26 octobre 2009.

JUSTICE - Au premier jour de son procès aux assises de Douai, il reconnait tout les faits...

Pédophile récidiviste. Multirécidiviste. Pendant deux ans c'était tout le portrait de Francis Evrard. Ce lundi, aux Assises de Douai, on a découvert un homme de 63 ans, en chemisette, moustache argentée soigneusement taillée. Prolixe, volubile même.

Jugé pour l'enlèvement et le viol du petit Enis, 5 ans, en août 2007, le prévenu n'est pas impressionné. Ni par le récit des faits qui lui sont reprochés, ni par la liste de ses déboires judiciaires: huit condamnations depuis 1965, dont quatre pour des affaires de moeurs sur mineur. Un passé chargé qui, forcément, a occupé une bonne partie de cette première journée. «Pour que l'on comprenne bien»: le président du jury a voulu mettre Francis Evrard en confiance.

Attention, les détails ci-dessous peuvent choquer les lecteurs.

Le pédophile a reconnu, ce lundi, avoir pénétré deux fois avec son doigt le petit garçon. Jusqu'alors, un doute persistait sur la qualification de viol. Le «corps» de Francis Evrard «ne réagit ni à l'excitation ni à la prise de médicament», avait déclaré dix jours plus tôt l'avocat de sa victime, Emmanuel Riglaire, évoquant l'impuissance sexuelle de l'accusé. «Il faut que j'arrête cela. On dit que je l'ai fait, alors oui je l'ai fait.»

Dans la salle, Mustafa Kocakurt, le papa d'Enis, écoute stoïquement. Sa rage est à l'intérieur. «Il y a un moment que j'attendais cela (mais) j'aurais aimé l'avoir (l'accusé) à côté de moi», confie-t-il après l'aveu.

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De son côté, Francis Evrard paraît presque content de s'expliquer. Au point de se laisser aller, lorsqu'il feint de s'interroger: «Est-ce que j'ai fait tout ça parce que j'ai subi des violences sexuelles quand j'étais petit et que la justice n'a rien fait pour réparer ça?».

Mais sur ces agressions subies dans l'enfance, le président va tenter en vain, deux heures durant, de comprendre pourquoi Francis Evrard change de version à chaque procès. Au Procureur qui le fait remarquer, il lance «vous dîtes n'importe quoi». Une morgue qui le conduit même à minimiser l'atteinte physique subie par Enis, «pas blessé». L'examen des faits se poursuit aujourd'hui. Le procès doit se terminer vendredi.
Olivier Aballain, à Douai
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