Pour un choc annoncé, c'en fut un. Mais en guise de terrain, c'est dans les rues de Marseille que se sont affrontés, hier, les supporters de l'OM et ceux du PSG, après le report, par la Ligue de football professionnel (LFP)*, du match prévu au Vélodrome. Très vite après l'annonce, les premiers incidents sont survenus, vers 15 h, près du Vieux-Port, à la terrasse d'un café. « Il y avait deux tables de Parisiens, des supporters marseillais sont passés. Tout est parti très vite », raconte le gérant du bar. Quelques bouteilles fusent, mais les CRS interviennent rapidement et séparent la foule à coups de bombes lacrymogènes.
Contenue dans une rue voisine par les forces de l'ordre, la centaine de supporters parisiens attendra ensuite plus d'une heure avant d'être évacuée vers la gare. C'est finalement via le métro, bloqué quelque temps pour éviter les débordements, que la police décide de les faire bouger. La bouche de métro n'est qu'à quelques mètres, mais le cortège, solidement encadré, ne passe pas inaperçu. Alors que les Parisiens débouchent sur le Vieux-Port en enchaînant la Marseillaise et « Hooligans PSG ! », les klaxons et les cris marseillais jaillissent de tous côtés. A la gare, près de 500 supporters attendent déjà le train affrété pour eux, vers 18 h.
Sur place, Patrick Mennucci, le maire (PS) du secteur, ne décolère pas après la Ligue. « Je ne comprends pas pourquoi le match n'a pas été annulé hier. C'est de l'incompétence absolue, compte-tenu de l'enjeu de la rencontre, affirme-t-il. Maintenant, on a une guérilla urbaine qui va nous coûter dix fois plus cher que le match ! » Face à lui, en bas des marches où quelques bouteilles marseillaises sont encore projetées, la rue est noyée sous les lacrymos et les fumigènes. Une vieille dame remet son casque de moto en hurlant : « Parisiens, têtes de chien ! » Il faudra attendre 19 h pour que les supporters de la capitale rejoignent par petits groupes leur train, sous les huées des Marseillais. Quelques majeurs et insultes fusent de part et d'autres, mais les 600 policiers et gendarmes redéployés sur place contiennent les deux camps. Le train partira finalement vers 19 h 40.
Bilan de la journée, « une dizaine de blessés légers » - dont un supporter parisien fauché par une voiture - et quelques dégâts matériels, indiquait hier soir le préfet de police de Marseille, Philippe Klayman. Ce dernier regrette lui aussi la décision tardive de la LFP. Une dizaine de personnes ont été interpellées, « autant côté marseillais que parisien », a-t-il précisé. Parmi elles, trois supporters parisiens arrêtés sur l'aire d'autoroute de Peypin, près d'Aix-en-Provence, où des dégradations et des vols ont eu lieu.
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