SOCIETE - La mort de la salariée, âgée de 45 ans, serait liée à ses conditions de travail, selon le syndicat CFTC...
Une salariée de l'entreprise Thalès de
Châteaubourg (Ille-et-Vilaine), près de Rennes, s'est suicidée vendredi, a annoncé samedi le syndicat CFTC qui établit un lien direct entre le décès de la salariée et les conditions de travail dans l'entreprise.
La salariée, âgée de 45 ans, «a été fragilisée par son expérience professionnelle, c'est clair», a indiqué à l'AFP Stéphane Loquet, secrétaire du comité d'entreprise de
Thalès Châteaubourg. «Le suicide est dû aux conditions de travail. On lui a mis la pression. Il y a six mois, on lui a baissé sa qualification. Elle avait des problèmes professionnelles importants», explique de son côté Antoine Marcantoni délégué syndical central CFTC, syndicat majoritaire à Châteaubourg.
Selon Loquet, la salariée avait été affectée depuis un an environ à des missions pontuelles «pas très valorisantes» après avoir occupé un poste de manager, responsable d'une ligne de production. «Elle était en train de faire un bilan de compétence et était très inquiète pour son avenir en 2010», a poursuivi Loquet, soulignant que la situation de la salariée avait fait l'objet il y a plusieurs mois d'un courrier à la direction générale.
Cellule
Thalès a mis en place une cellule d'écoute et de soutien psychologique sur son site de Châteaubourg, en Ille-et-Vilaine, a annoncé le groupe dimanche dans un communiqué. «Nous avons appris, avec beaucoup d’émotion, que Michelle Morellec, l’une de nos collaboratrices travaillant sur le site de Thalès MicroElectronics de Châteaubourg avait mis fin à ses jours, à son domicile, vendredi 23 octobre», indique Thalès. «Nous partageons la douleur de ses proches à qui nous nous efforçons d’apporter tout notre soutien».
Comité extraordinaire
Un comité d'hygiène, de sécurité, et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire «avait été convoqué le 8 octobre par rapport aux conditions de travail. On devait avoir des réponses sous quinze jours», reprend Loquet.
La CFTC dit avoir «à de nombreuses reprises attiré l'attention de la direction pour que soit mis fin à la pression insupportable auxquels sont soumis les salariés de l'unité Thalès Châteaubourg. Malgré cela, la direction tardait à prendre des mesures correctives», souligne le syndicat dans un communiqué.
Grève
L'entreprise Thalès microelectronics de Châteaubourg compte quelque 530 salariés. Les personnels ont entamé un mouvement de grève vendredi après-midi après avoir appris le suicide de leur collègue.
Le mouvement de grève «dans le calme et la dignité» devrait être reconduit lundi matin à l'occasion de la venue sur le site de responsables de la direction du groupe. La direction de Thalès n'a pu être jointe samedi soir.
Avec agence