Les petites phrases du procès Clearstream

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Publié le 22 octobre 2009.

JUSTICE – «Tout de même, je n'ai pas un QI de pétoncle», «J’étais sa chose»...

  • Clearstream, un parc animalier
On a beaucoup parlé de «corbeau» durant toute cette affaire, pas étonnant qu’on entende voler des noms d’oiseaux lors du procès. «Je ne sais pas si Gergorin est un corbeau ou un pigeon. Mais c'est un drôle d'oiseau», affirme Maître Olivier d’Antin, l’un des avocats de Dominique de Villepin, lors de l’audience du 21 octobre.
 
Mais le procès Clearstream n’est pas qu’une volière, c’est aussi un vivarium. «Je ne suis pas un serpent avec un joueur de flûte», se défend le Général Rondot le 7 octobre, qui, deux jours plus tôt, le 5 octobre, ne fréquentait pas non plus les aquariums: «Tout de même, je n'ai pas un QI de pétoncle
 
De son côté, Denis Robert est «un peu le raton-laveur d’un inventeur à la Prévert» selon l’écrivain Gilles Perrault à l’audience du 12 octobre. Un raton-laveur doté d’un drôle de parasite. «Certains ont des morpions, moi j'ai Malka (l’avocat de Clearstream)», déclare le journaliste le 22 septembre.
 
Quelque soit leur espèce, Maître Olivier Metzner, un autre avocat de Dominique de Villepin, assure le 21 octobre que Nicolas Sarkozy «veut voir pendre les coupables à des crocs de boucher.»
 
  • Clearstream, un bon scénario de cinéma:
Le septième art a fait rapidement son entrée dans le procès. «J’étais sa chose», déclare Imad Lahoud, le 23 septembre, à propos de Jean-Louis Gergorin. Pas étonnant que le réalisateur Jean-Luc Miesch soit intéressé par l’adaptation cinématographique de cette affaire.
 
L’ancien patron des Renseignements Généraux, Yves Bertrand, est lui plus modeste, un téléfilm fera l’affaire. «De bric et de broc, on se croirait dans Louis la Brocante, là», s’offusque-t-il le 12 octobre à propos des listings.
 
Certains parlent carrément dessin-animé, tel Maître Alain Géniteau, qui défend sa propre personne, le 19 octobre : «Monsieur Gergorin, ce n'est pas Alice au Pays des Merveilles
 
  • Clearstream, c’est aussi une histoire pleine de bons sentiments:
«Se verra-t-on demain? C'est beau comme des amours clandestines», s’émeut le 21 octobre Maître Brossolet, un autre avocat de Dominique de Villepin, sur les échanges entre le Général Rondot et Imad Lahoud. Dans la foulée, l’avocat se laisse aller à quelques sentiments: «Excusez moi, je ne suis pas l'avocat de Gergorin, mais je suis un peu gergonophile, cet homme me touche.»
 
  • Clearstream, c’est encore et toujours Nicolas Sarkozy:
Et ce sont les avocats de Dominique de Villepin qui en parlent le plus, un peu trop même parfois. «Nicolas Sarkozy... euh… Dominique de Villepin est innocent», se méprend Maître Henri Leclerc, le 21 octobre.
 
Et quand on parle du père, on parle aussi du fils. «Comme s’il (Dominique de Villepin) avait volé la mobylette du fils Sarkozy», s’exclame Maître Olivier Metzner, le même jour.
 
«On est dans du Gloubi-boulga», déclare Maître Malka, nostalgique de «L'Ile aux Enfants», lors de l’audience du 13 octobre. Le 21, un avocat de Florian Bourges, créateur de néologisme, est plus radical: «On nous a servi une gergorinade juridique, si vous me permettez l'expression, on n’y comprend rien.»
Corentin Chauvel
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