La lutte contre les algues vertes toxiques « ne pourra passer que par un changement profond (...), que la profession agricole n'est pas prête à accepter pour le moment ». La note « confidentielle » adressée début septembre au gouvernement par le préfet des Côtes-d'Armor, et publiée hier par Le Télégramme de Brest et Ouest-France, n'est pas passée inaperçue.
Si Jacques Jaouen, le président de la Chambre d'agriculture de Bretagne, se dit « très en colère », Nicolas Galin, de la FDSEA, nuance : « Sur le fond, je n'ai rien à dire. Tout est vrai. Si le gouvernement veut descendre le seuil de nitrates [principale cause de la prolifération des algues] sous les 10 milligrammes par litre, il faut tout simplement arrêter totalement l'agriculture. Evidemment, les 2 200 exploitants concernés ne sont pas prêts à mettre la clé sous la porte ! » Les propos du préfet révoltent d'autant plus les agriculteurs qu'un rapport du Conseil scientifique de l'environnement de Bretagne publié fin septembre met en cause aussi bien les exploitants que l'Etat, soulignant qu'une simple « application des textes existants aurait permis une relative maîtrise du phénomène, dès le début des années 1990 ». W