Grippe A (H1N1): Les professionnels de santé se font vacciner à reculons

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Publié le 21 octobre 2009.

SANTE - Derrière le discours officiel, les inquiétudes des soignants qui disent subir des pressions...

«C'était juste une caresse.» Pierre Carli, chef du Samu de Paris vient de se faire vacciner, et veut rassurer son monde. Mais la situation n'est pas aussi idyllique que le tableau présenté mardi devant la presse par Roselyne Bachelot à l'occasion du lancement officiel de la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1). Les professionnels de santé, premiers concernés, ont déjà évoqué leurs réticences. Aujourd'hui, ils dénoncent un discours culpabilisant et des pressions des autorités sanitaires.

«La vérité fait tache»

Difficile, en effet, d'entrer en contact avec des soignants visés par la première vague de vaccination. Toute tentative est invariablement renvoyée vers les communiquants des hôpitaux. «La vérité fait tache, la moitié des médecins et les deux tiers des infirmiers refusent la vaccination pour eux-mêmes», explique à 20minutes.fr Thierry Amouroux, secrétaire général du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI CFE CGC).

«Ils ont même eu du mal à trouver des volontaires pour la venue de la ministre à l'hôpital Necker», s'amuse Thierry Amouroux. Mais selon lui, pour pallier la faible participation des professionnels, ces derniers subissent des pressions de leur hiérarchie. «La direction insiste auprès des cadres supérieurs, qui répercute sur les cadres de santé, jusqu'aux soignants», décrit le syndicaliste.

Un «discours culpabilisateur»

Une insistance qui colle avec «le discours culpabilisateur» du gouvernement, selon lui. La veille, la ministre de la Santé a de nouveau fait appel au sens des responsabilités des soignants en les incitant à faire un «geste citoyen». «La vaccination n'est pas obligatoire mais fortement recommandée», a martelé en écho Didier Houssin, directeur général de la Santé.

«Nous ne sommes pas contre la vaccination», a tenu à préciser Thierry Amouroux. Cependant, les soignants estiment qu'elle devrait être réservée aux «populations pour lesquelles le rapport bénéfices/risques est significatif». Et leurs inquiétudes ne concernent pas que leurs petites personnes. Thierry Amouroux annonce le fonctionnement des centres de vaccination pour la population générale, tel qu'il est prévu, «induit des dérogations aux pratiques habituelles d'injection» qui sont autant de manquements à la sécurité. Rendez-vous après les vacances de la Toussaint.

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Julien Ménielle
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