18h20 A la sortie du tribunal, Villepin déclare «Sarkozy avait promis de me pendre à des crocs de boucher, je vois que la promesse a été tenue»
18h15: Le procureur, avec de longues formules, fait la synthèse:
Denis Robert: abandon des poursuites et relax
Florian Bourges: le détournement constitue des faits d'abus de confiance. Il réclame 4 mois avec sursis.
Jean-Louis Gergorin: c'est l'artisan de la manipulation, sa responsabilité est prééminente. Il requiert 3 ans de prison, dont 18 mois ferme plus 45.000 euros d'amende.
Imad Lahoud: 2 ans dont 18 mois ferme plus 45.000 euros.
Dominique de Villepin: Il demande, en raison de la fonction qu'il exerçait, une peine de 18 mois de prison avec sursis plus 45.000 euros.
18h14: "Nous voici au terme de ces réquisitions", dit Marin
"aaaah" entend-t-on parmi la presse
18h06: "Avec cette jurisprudence, Poncepilat ne peut demeurer impuni"
Maintenant, le procureur Marin s'en prend à l'argumentaire de l'avocat d'Edwy Plenel, qui défendait Villepin.
18h02: Le procureur cite la jurisprudence pour montrer que Villepin peut être condamné comme complice
>> Pour le procureur, pour Dominique de Villepin, c'est une complicité par abstention volontaire équivalente à acte positif
17h56: Les journalistes ne sont pas convaincus par les arguments du procureur
Sur son banc, Me Herzog, lui, continue à opiner.
17h48: le 2 septembre, nouvelle rencontre Rondot-Villepin, poursuit le procureur
Le général note qu'il y a "quelque chose" pour le ministre.
17h45: Villepin essaie de faire croire qu'une partie des listings est vraie, continue Marin.
Le 27 juillet, le général Rondot appelle DDV.
Après, on passe de l'effet d'aubaine à la manipulation, explique le proc' Marin.
Quand Villepin cautionne les agissements de Gergorin par son silence et en feignant de croire à la validité des listings, et de ne découvrir l'affaire que par l'article du Point, en juillet 2004.
17h20: On passe au 25 mars 2004 et à la garde à vue d'Imad Lahoud
C'était pour une affaire d'escroquerie, ca a déjà été évoqué à moultes reprises lors de l'audience.
17h18: Il est important de se rendre compte que le général Rondot, dans la progression de ses doutes est toujours entre doutes et réalités. Ce qu'il transmet à JL Gergorin, c'est l'existence de doutes sur les éléments récoltés par Gergorin et Lahoud. Le ministère public estime donc que DDV n'avait pas la certitude de la fausseté des éléments.
17h16: Il s'agit de faire un coup politique en dénonçant un système mafieux
17h13: dès le début de l'affaire, Dominique de Villepin est ferré
En citant le nom de ses principaux adversaires politiques, DSK et Sarkozy, Gergorin emporte l'adhésion de Villepin.
17h10: Inspiré, Me Herzog, justement, prend des notes, en opinant de la tête
17h08: Le procureur Marin passionne moins les foules que son vice-proc'
"il fait du Herzog, là", s'amuse un journaliste, en référence à la plaidoirie-fleuve de l'avocat de Nicolas Sarkozy, lundi.
17h06: DDV adhère tout de suite à la thèse de Gergorin, et le convoque avec le général Rondot, le 9 janvier
Ensuite, c'est sur les termes et la nature de l'entretien que les versions divergent.
17h03: Pour le proc' Marin, c'est l'effet d'aubaine pour Dominique de Villepin
Le procureur remonte l'historique de l'implication de Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream. Quand Gergorin, pour la première fois, parle de Clearstream.
16h58: Le procureur fait de Villepin le commanditaire et l'instigateur de la fraude.
Le parquet estime que si des présomptions permettent de s'interroger sur les agissements de DDV, manquent des preuves de son implication. Pour le proc', si DDV a eu une attitude équivoque, ce n'est qu'en juillet 2004 que se caractérisent les seuls actes de complicité par omission volontaire.
16h54: Le cas Dominique de Villepin, par le procureur Marin
Il y a une divergence d'interprétation entre le ministère public (le proc') et les juges d'instruction, note le procureur.
16h53: L'audience reprend
C'est le proc' Marin qui arrive au pupitre pour parler de Dominique de Villepin.
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16h32: 15 minutes de suspension d'audience
16h30: Pour le procureur Victor, les dénonciations ont servi les intérêts à la fois de Lahoud et de Gergorin
Certains noms sont connus de l'un, d'autre de l'autre. Gomez, Delmas, Martinez... tous étaient parmis les "adversaires" de Gergorin, de ceux qui avaient pu un jour lui déplaire.
C'est un avocat qui a été refoulé de la salle un peu plus tôt, confie la greffière, outrée.
16h03: On passe à Lahoud, toujours avec le proc' Victor.
1- que penser de lui?
C'est une figure sombre. C'est un escroc. Sa propension au mensonge est incomparable. Il est condamné à faire rire l'assistance, quoi qu'il dise. Et même s'il dit la vérité, on ne le croira pas. Murmures parmi les avocats de Lahoud, furieux
Il ment sur ses capacités, son passé, sa famille, ses diplômes, détaille le procureur Victor.
>> C'est un personnage d'une certaine noirceur. Les faits qui lui sont reprochés ont été effectués à sa sortie de prison.
2- que lui reprocher?
Il s'est procuré la matrice des listings. Il a commis le délit de recel.
Ensuite, il a falsifié les listings. Il n'est pas crédible qu'Imad Lahoud ait été un simple dépositaire des listes de comptes, que Gergorin lui aurait remis.
Il a pris part à la dénonciation calomnieuse.
>> Usage de faux, dénonciation calomnieuse en qualité de co-auteur principal et de complicité
3-Jean-Louis Gergorin a-t-il pu être berné par celui qu'il présente comme sa source?
Difficile question, note le procureur. Le procureur rappelle les capacités d'analyse de Gergorin. Ce dernier connaissait aussi le passif carcéral de Lahoud.
C'est Gergorin qui a introduit Lahoud auprès des services des renseignements.
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16h00: Pendant les réquisitions, le procureur se tourne vers le président, ponctue ses phrases avec des mouvements de bras.
Son exposé est clair, limpide, bien comprise. "Comme quoi, c'était possible dans ce procès", note un journaliste.
Animation à l'entrée de la salle: quelqu'un essaie d'entrer, les gendarmes semblent l'en empêcher...
Jean-Louis Gergorin est:
1 - un stratège de haut niveau. Crédible grâce à sa formation (X, ENA, Stanford) et son parcours. "Il est à l'aise aussi bien au Salon du Bourget qu'au salon du Livre."
Il est aussi passionné par les renseignements et les "services"
>> J-L Gergorin, ce grand stratège n'est pas un grand étourdi. Son comportement ne doit en rien au hasard.
2 - La dénonciation est son plan et elle ne doit rien au hasard, elle répond à un plan.
Il y a eu une dynamique de la dénonciation. C'est JLG qui a eu la maîtrise de la dynamique.
1er octobre 2003: c'est JLG qui va voir le Gal Rondot pour lui révéler l'affaire des listings. Le général Rondot n'a aucune compétence informatique ou financière. Il le dit lui-même, que "c'était à l'extrême limite de ses compétences".
Il déroule progressivement l'affaire, avec les documents qu'il remet progressivement au général Rondot.
>> C'est un plan minutieusement construit par Gergorin
3 -La mauvaise foi de JL Gergorin est révélée par une attitude antérieure et postérieure et au contenu.
Pour le vice-procureur Victor, tout est à l'indicatif, tout est sûr dans les premiers faits qu'il présente. La présentation échape à toute vérification
La sémantique utilisée est extrêmement péjorative.
Mais la cour ne peut pas oublier que Gergorin a dénoncé des personnes.
Ensuite, Gergorin ne aprle pas de tous les noms. Pourquoi, s'il était dans une démarche de bonne foi, pourquoi recèle-t-il des informations? ==> Encore une preuve de sa mauvaise foi, selon le proc'.
Gergorin a également modifié la présentation des faits dénoncés.
Le contexte allégué de menaces sur la sécurité de Gergorin est une mise en scène.
>> Jean-Louis Gergorin s'est moqué de la justice. Vous allez devoir le déclarer coupable du chef de dénonciation calomnieuse. Vous allez aussi le reconnaître coupable des faits de complicité de faux et usages de faux. Quant au recel, il était aussi au courant de l'origine des listings...
4 - Imad Lahoud est un complice intéressé et malveillant
5 - La dénonciation servait les intérêts de l'un et de l'autre
14h50: Il faut déterminer les responsabilités de Lahoud et de Gergorin
- Il ne sera pas utile de demander un sursis à statuer estime le procureur: les faits ont bien été commis. La fausseté des listings a été prouvée par les juges.
- Les victimes sont bien déterminées car dénoncées par leurs noms et leurs prénoms.
- Les destinataires: Renaud Van Ruymbeke, magistrat instructeur, doit être considéré comme un magistrat de justice. Moins évidente, la position du Général Rondot, "une autorité ayant le pouvoir de donner suite à la dénonciation ou de saisir les autorités compétentes".
14h46: On passe aux dénonciations calomnieuses, déclare le vice-procureur Victor
- Pour lui, Clearstream, c'est un avatar de la théorie du complot. "Une pratique du soupçon"
- Si l'affaire a exercé cette séduction, c'est parce que cette affaire est la première grande dénonciation de l'ère technologique. On est loin des premières lettres anonymes avec des lettres découpées dans des journaux. La pénétration informatique soutient l'imagination.
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14h45: l'audience reprend
Me Metzner tombe de son banc.
14h32: Le procureur suggère une suspension d'audience
pour 10 minutes
14h28: "Rien ne montre que Florian Bourges n'aurait été commandé par un ordre"
14h25: "Florian Bourges participait à un audit, il n'était pas là pour une mission de contrôle", estime le procureur
Il devait juste extraire des données. "Il n'est jamais question de contrôle comptable".
14h22: Florian Bourges a transmis des données confidentielles, contrairement à ce qui lui été imposé dans ses contrats et conventions de stages.
14h14: On passe à Florian Bourges
Le procureur prévient qu'il va jouer à l'avocat de Bourges:
- "On ne saurait lui reprocher d'avoir gardé le silence sur la découverte de la manipulation en 2004."
- Florian Bourges est le prévenu le plus jeune. En 2001, il est normal qu'il ait présenté quelques traits d'immaturité.
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Denis Robert devra être relaxé, déclare le procureur Victor
On parle maintenant du devoir des journalistes
Selon le procureur Victor, "Le tribunal va devoir faire un arbitrage entre le délit de recel (le fait de détenir une chose dont on sait qu'elle a une origine frauduleuse) et une norme de droit international, l'article 10 de la convention européenne qui consacre le droit de toute personne à la liberté d'expression."
Pour le procureur, Denis Robert est bien un journaliste. On peut lui reprocher d'avoir reçu les fichiers de Bourges et de les avoir transmis à Lahoud.
14h06: Denis Robert s'est interrogé sur des incongruités dans le dossier, note le procureur
Denis Robert a été un "complice involontaire"
- Sur le fonctionnement de Clearstream, ses thèses ont largement préparé l'opinion publique à accepter un scandale sur la chambre de compensation. Reportages, livres, etc.
- Il a fourni à Imad Lahoud le support matériel qui servira ensuite à la falsification.
- Denis Robert a servi auprès du juge Van Ruymbeke de relais d'opinion défavorable à Clearstream. Les deux sont amis.
- Il a servi de caisse de résonance médiatique à la dénonciation.
13h56: "On commence par Florian Bourges et Denis Robert", explique le substitut du procureur Victor qui prend la valeur à son tour, "leurs cas sont décalés par rapport aux trois autres prévenus"
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Vu ailleurs: Entre corbeau et pétoncle, le bestiaire de l'affaire Clearstream (via @Aumaury_Guibert)
13h51: les réquisitions seront constituées par les documents intangibles: les listings, les lettres, les notes du général Rondot
13h48: Le procureur Marin bute un peu sur les mots, il réajuste ses fiches
13h46: "Ce procès a pour objet d'établir qui a détourné les documents bancaires, qui les a falsifiés et qui a organisé ou profité de ces manipulations qui ont jeté l'opprobe sur des hommes et des femmes dont l'honneur a ainsi était bafoué".
13h44: On parle Kafka, et le "procès", que "Gergorin aurait pu dédicacer à Mr Delmas (une des parties civiles)"
13h43: "Ce n'est pas un procès politique, même si pour l'un des prévenus...", taclant Villepin au passage
13h42: longue introduction du procureur autour de ce que certains appelent le "procès du siècle"
Soupirs dans la presse.
13h41: Il détaille les délits: "abus de confiance, faux, usage de faux, dénonciation calomnieuse..."
13h39: L'affaire tient du "roman d'intrigue tant la vérité cotoie la fiction" estime le procureur
13h38: Le procureur Marin se lève, se dirige vers un petit pupitre pour le début des réquisitions
"Nous voici au bout du parcours judiciaire"
13h38: C'est parti!
13h36: On annonce 6 heures de réquisitions
13h30: l'audience va commencer, au programme cet après-midi, les réquisitions du parquet
Devant la salle, dans la file d'attente du public, deux hommes en sont quasiment venus aux mains. L'audience attire du monde!
>> Une audience à suivre en live-comme-à-la-maison à partir de 13h30
Déstabilisation
D'habitude, les procureurs de la République exercent une sorte de devoir de réserve sur les affaires en cours. Pas lui.