Herzog prend le temps de charger Villepin

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Publié le 19 octobre 2009.

CLEARSTREAM - Très pointilleux, l'avocat de Sarkozy a réclamé, ce lundi, un euro de dommages et intérêts...

«Il n'était pas là pour faire le show. Il était là pour démontrer. De ce point de vue-là, il n'y a pas de problème.» Sur les marches du palais de justice, lundi soir, les avis étaient partagés sur la prestation de Thierry Herzog. Pendant plus de quatre heures, l'avocat de Nicolas Sarkozy a décortiqué les 42 tomes de la procédure Clearstream dans le but de prouver la culpabilité de Dominique De Villepin.

>> Revivez la journée d'audience de lundi en live comme-à-la-maison ici

Revue en détails de tout le dossier

«Il y a non seulement une conviction mais aussi des éléments indiscutables prouvant qu'il a été l'initiateur de cette machination», a-t-il lâché à l'issue de sa plaidoirie. Mais pour en arriver à cette conclusion, ce fut laborieux. Piochant dans sa pile de pochettes bien alignée, Thierry Herzog a passé en revue tous les éléments troublants du dossier. Sans exception. La réunion du 9 janvier 2004 dans le bureau de Dominique de Villepin, les notes du général Rondot, la garde à vue d'Imad Lahoud: «Ma conviction est que Jean-Louis Gergorin, Imad Lahoud et Dominique de Villepin se sont entendus, se sont associés» pour faire croire que Nicolas Sarkozy était bien titulaire d'un compte occulte.

«Ca ne fait pas cher du président»

Mais si l'affaire Clearstream est complexe, la démonstration du ténor du barreau l'était encore plus. «C'est bien simple, je l'écoute depuis près de trois heures. Et je n'ai rien compris... », souriait, lors de la suspension de séance, Olivier Metzner, l'avocat de Dominique de Villepin. Alors que plusieurs spectateurs s'étaient assoupis, le président Dominique Pauthe s'est même permis de rappeler à l'ordre le conseil du chef de l'Etat. « Je vous demanderais d'être plus bref, moins long.»

Dans sa deuxième partie, Thierry Herzog a donc été moins long. Mais pas vraiment plus bref. Il a juste accéléré le débit. « Sur l'une des notes du général, on lit "Si nous apparaissons, le président et moi, nous sautons !" Mais si Villepin n'avait rien à se reprocher, pourquoi dirait-il ça ? », a interrogé l'avocat de Sarkozy a toute vitesse au bout de trois heures d'audience.

Au final, il a simplement réclamé un euro au titre des dommages et intérêts. «Tout ça pour un euro, a raillé Olivier Metzner. Ca ne fait pas cher du président de la République.»
Vincent Vantighem

Réquisitions

Ce lundi, il était absent. Mais ce mardi après-midi, Jean-Claude Marin doit prendre la parole pour les réquisitions du ministère public. Avant le procès, il avait présenté Villepin comme l'un «des bénéficiaires conscient» de l'affaire Clearstream.
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