Les jeunes français boivent «pour tenir toute la nuit»

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Publié le 19 octobre 2009.

SANTE - Les 13-24 ans ne sont pas les plus gros consommateurs d'alcool en Europe, selon une étude...

Et si les jeunes Français étaient plus raisonnables que l'on ne croit? Leurs comportements face à l'alcool ne seraient pas si alarmants que cela, selon une étude qualitative menée par un sociologue et une directrice de recherches à l'Inserm auprès de 100 jeunes âgés de 13 à 24 ans.

  • Point de «binge drinking»
D'abord, les Français ne seraient pas adeptes du «binge drinking», cette pratique, en vogue outre-Manche, qui consiste à boire un maximum de verres d'alcool d'affilée en un minimum de temps. Un phénomène contre lequel s'était érigée la ministre de la Santé Roselyne Bachelot il y a un an.

«La consommation entre le nord et le sud de l%u2019Europe est vraiment différente, cette pratique n'existe quasiment pas en France», indique à 20minutes.fr Marie Choquet, directrice de recherches à l'Inserm, qui a mené l'enquête avec le sociologue Thierry Morel. «Contrairement à ce qui a été dit, le phénomène n'a pas explosé en France où moins de 5% des jeunes s'y adonnent. Chez nous, les jeunes ne boivent pas à n'importe quel moment, ni dans n'importe quelle situation.» 

  • Boire dans la durée
«Nous avons constaté une forme de consommation très liée au contexte et qui était étalée dans le temps, pour pouvoir tenir toute une nuit», indique Marie Choquet. Elle appelle cette tendance le «long drinking». «La pratique repose plus sur le plaisir qui dure, être sur son petit nuage pendant quelques heures, que sur une alcoolisation massive».

  • Les garçons plus que les filles
«L'alcool est un produit masculin, qui évoque la force et la virilité», analyse Marie Choquet pour expliquer le fait que les garçons consomment plus d'alcool, et surtout plus régulièrement que les filles. Chez ces dernières, «l'ivresse est très mal perçue aussi bien par les autres filles que par les garçons.» 

  • Des mesures qui ne fonctionnent pas
«Il faut comprendre le sens de la consommation excessive d'alcool chez les jeunes. Pourquoi cherchent-ils cette soupape de sécurité?», s'interroge Marie Choquet. «Les jeunes ont toujours besoin de ces moments de décompression, de se libérer de leur stress.» La scientifique évoque la pression scolaire et familiale, précisant qu'il fallait surtout combattre la consommation précoce d'alcool qui, là aussi, a diminué en France depuis quarante ans.

  • Dans le top 5 des plus gros buveurs
En Angleterre et au Danemark, la consommation d'alcool pose des problèmes de santé publique. Quant à la France, elle «reste dans le top 5 européen mais moins de 2% des jeunes interrogés dans notre étude disent boire quotidiennement contre 12% en 1971»,  indique Marie Choquet. Selon cette étude, les Français boiraient excessivement uniquement lors d'occasions festives.

Et vous, comment buvez-vous? Etes-vous plutôt adeptes du «long drinking» ou du «binge driking»? Livrez-nous vos témoignages ci-dessous...
Corentin Chauvel
Enquête

Présentée à l'occasion d'un colloque intitulé «Adolescence et dépendances: consommations ou rituels?», organisé ce lundi par Fil Santé Jeunes, elle a été initiée par la direction de la jeunesse et de l'éducation populaire et de la vie associative (Haut Commissaire à la Jeunesse) et élaborée par l'Ecole des Parents et des Educateurs.
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