Ceux qui dénonçaient un discours alarmiste se délectent. La grippe A, quelle grippe A? A la veille du début de la vaccination des personnels médicaux, le virus ne fait plus peur à grand monde. Selon le dernier bulletin de l'INVS, le nombre de « consultations reste stable à 189 cas pour 100.000 habitants, soit environ 120.000 consultations du 5 au 11 octobre», au-dessus du seuil épidémique (108 cas pour 100.000 habitants). Même son de cloche pour les réseaux Grog et SOS Médecins. «Cette grippe a montré qu'elle était moins dangereuse qu'une grippe saisonnière, explique Bernard Debré, urologue et député UMP de Paris. C'est ce que dit l'OMS et c'est pour cela que je parle de grippette. En outre, un malade sur deux peut avoir la grippe A sans le savoir.»
Au rang des explications, une météo clémente, de bonnes habitudes d'hygiène et un virus moins contagieux que prévu. «Indiscutablement, la situation épidémique est tout à fait ralentie par rapport à ce qu'on pouvait redouter, confirme Jean-Marie Le Guen, président de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris et maire adjoint (PS) de Paris en charge de la santé. Mais les services de réanimation sont plus chargés que jamais, la situation actuelle ne préjuge en rien de ce qui peut se passer dans une semaine, quinze jours ou trois semaines.» D'ailleurs, un bébé de 11 mois souffrant d'une cardiopathie est décédé de la grippe A dimanche à Paris. Rassurant, Bernard Debré prédit une régression du virus «avec le début de la vaccination», et place le débat sur le terrain de la communication gouvernementale. «Nous sommes le seul pays au monde à faire du catastrophisme.»