Une visite surprise pour reprendre la main

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Publié le 16 octobre 2009.

En déplacement en Moselle la semaine dernière, il avait soigneusement évité les lieux. Hier, c'est en prenant tout le monde de court que Nicolas Sarkozy a honoré sa vieille promesse de retourner à Gandrange. Le mail de l'Elysée est en effet arrivé à 14 h 38. « Le président de la République sera à Gandrange à 15 h... » D'une pierre deux coups. Journalistes et syndicats prévenus à la dernière minute, le chef de l'Etat espère bien étouffer la polémique sur son fils et éviter un accueil mitigé de la part des anciens salariés de l'usine ArcelorMittal.

En février 2008, le chef de l'Etat leur avait en effet promis de revenir avec une « solution » (lire l'encadré). Depuis, ils attendaient. « La semaine dernière, on a fait une table ronde. Il n'a même pas daigné nous répondre, explique Edouard Martin, délégué CFDT. Et une semaine après, il vient en catimini ! Il craignait peut-être une réception beaucoup moins joviale... »

Sur le perron de la mairie de Gandrange, le chef de l'Etat a donc fait amende honorable. « J'ai mesuré l'ampleur de la déception lors de ma visite en Lorraine il y a quelques jours. C'était une erreur. J'ai décidé d'y retourner. » Députée (PS) de Moselle, Aurélie Filippetti est, pour une fois, d'accord avec lui. « C'est un peu une astuce politique. Il a compris la semaine dernière que cette situation nuisait gravement à sa crédibilité politique. »

Il a surtout compris qu'il fallait reprendre la main. Depuis la rentrée, la majorité UMP est secouée par une série de controverses. « Cette semaine, on a bien essayé de lancer d'autres sujets. Mais la polémique Jean Sarkozy emportait tout sur son passage », témoigne sous couvert d'anonymat le conseiller d'un ministre. C'est donc le chef de l'Etat lui-même qui est monté au front. Hier, la mairie de Gandrange a été prévenue cinq minutes avant son arrivée. « C'est l'émeute. Tout le monde s'active. On organise le service d'ordre », nous a ainsi confié une employée en plein rush.

En réalité, Nicolas Sarkozy avait prévu dès lundi ce voyage, qui s'inscrit dans une stratégie plus globale de reprise en main. Et mardi, il décidait d'accorder une interview au Figaro. Dans les colonnes du journal ce matin, le chef de l'Etat revient sur tous les sujets d'actualité. Il prend la défense de Frédéric Mitterrand, de son Premier ministre et même de son fils. Il regrette d'avoir parlé de « coupables » dans l'affaire Clearstream. Et évoque enfin l'élection présidentielle de 2012. « La question de ma candidature ne se posera qu'en 2011 », assure-t-il. C'est pourtant, dès aujourd'hui, qu'il se prépare à y répondre. W

Vincent Vantighem (avec Oriane Raffin)
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