Roselyne Roeland est furieuse. « Ils disent tout et son contraire », s'emporte cette mère de famille qui voit dans les conclusions des experts « une demi-vérité, ou plutôt un demi-mensonge ». Elle vit un calvaire depuis six ans à cause d'un pylône hérissé d'antennes-relais installé à 100 m de sa maison, à Chevreuse (Yvelines). Elle, son mari et ses deux jumelles de 17 ans souffrent de problèmes de sommeil, de vertiges, de maux de tête et de tachycardie. « Le rapport freine des quatre fers pour ne pas reconnaître le risque lié aux ondes, dénoncé par les chercheurs indépendants depuis les années 1950. »
Elle est la première en France à avoir porté plainte, au pénal en septembre 2008, pour administration de substance nuisible. « Ce dossier ressemble à celui du tabac et de l'amiante, l'Organisation mondiale de la santé avait aussi tardé à juger ces substances dangereuses pour la santé », soupire-t-elle. Pour Roselyne, le salut ne viendra pas des autorités, mais bien de la justice, qui a condamné ça et là ces derniers mois les opérateurs de téléphonie mobile (Orange, Bouygues...) à démonter leurs antennes-relais, en vertu du fameux principe de précaution. Reste que pour l'heure, le pylône triomphe toujours sous ses fenêtres, à flanc de colline. W
L. de C.