Jean Sarkozy à la tête de l'Epad: pour quoi faire?

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Publié le 13 octobre 2009.

POLITIQUE - Si le fils du chef de l'Etat va avoir accès à des responsabilités qui font grincer des dents, son élection sera aussi un tremplin pour assouvir ses ambitions...

Si Jean Sarkozy est bien élu président du conseil d'administration (CA) de l'Epad, c'est d'un joli jouet qu'héritera le jeune étudiant en droit. Un jouet qui lui donnera une influence considérable sur l'aménagement et l'urbanisation du quartier d'affaires de la Défense, numéro un en Europe en son genre. Mais aussi, dès 2010, sur une grande partie de l'ouest parisien. De quoi satisfaire les ambitions politiques du jeune homme.

Porter les dossiers politiquement

Jean Sarkozy ne sera pas un gestionnaire, l'exécutif incombant au directeur général, nommé par l'Etat. «Le président du CA a pour mission de porter les dossiers politiquement, de défendre les projets, de faire du lobbying et de représenter la Défense auprès des investisseurs», a expliqué à 20minutes.fr une porte-parole de l'Epad.

En gros, aller frapper aux portes des partenaires et investisseurs potentiels pour «continuer le "plan de renouveau de la Défense"», explique la porte-parole. Décidé par Nicolas Sarkozy en 2006, celui-ci prévoyait la création de 450.000 m2 de bureaux, avec sept nouvelles tours et la reconstruction de cinq autres, et 100.000 m2 de logements avant fin 2015.

«Tu seras bientôt chargé de bétonner ma ville»

Autre gros chantier: «L’accueil et l’amélioration des transports dans le cadre du Grand Paris» selon l’Epad. Autant d’occasion pour Jean Sarkozy d’étendre son réseau d’influence. Mais c’est son droit de regard sur l'attribution des droits à construire fait grincer quelques dents.

Des grincements d'autant plus nombreux que dès janvier 2010, l'Epad devrait officiellement fusionner avec un autre établissement public d'aménagement: celui dit de la Seine-Arche (Epasa), devenant ainsi l'Epadsa. «Tu seras bientôt chargé de bétonner ma ville, sans que je ne puisse rien dire, pour rembourser les dettes de ton père, qui présidait l'Epad bien avant toi», regrette Julien Sage, maire-adjoint de Nanterre, dans une lettre ouverte à Jean Sarkozy.

Prendre du poids politique

Ne bénéficiant d'aucun salaire, c'est en terme de poids politique que Jean Sarkozy fait en fait la meilleure opération. Un poids qui pourrait permettre au fils cadet du chef de l'Etat de briguer la tête du conseil général des Hauts-de-Seine en 2011, voire d'être élu député dans le département ou maire de Neuilly-sur-Seine en 2014.

«Encore faut-il qu'il soit élu», précise la porte-parole de l'Epad. Car le président du CA est choisi démocratiquement par ses pairs, parmi les administrateurs. Jean Sarkozy n’en fait pas encore partie. «Le conseil général l'a choisi pour occuper le siège vacant», explique la porte-parole de l'Epad. Il sera officiellement nommé le 27 octobre, et pourra se présenter à l'élection. «Mais d'autre administrateurs pourront être candidat. Et Patrick Jarry (maire PCF de Nanterre, ndlr) a déjà annoncé qu'il le sera». Rendez-vous le 4 décembre.
Julien Ménielle
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