JUSTICE - Devant la cour, les parties civiles ont exposé leurs visions du dossier...
Les avocats des parties civiles ont enfin pu prendre la parole, ce mardi, pour défendre leurs clients. Richard Malka, avocat de la société luxembourgeoise Clearstream, s'est lancé le premier, avec son confrère Christophe Belloc, dans une longue explication, remontant aux sources de l'affaire et à un «gérant de boucherie». «Tout était posé dès 2001. Les corbeaux n'ont eu qu'à se nourrir, personne n'a rien inventé dans cette histoire», relate l'avocat.
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En effet, bien avant
Florian Bourges, bien avant Denis Robert, on trouve une autre personne. «La source de toute cette affaire, c'est un cadre de Clearstream qui a été licencié en 1983 pour faute grave, Ernest Backes», a argué Richard Malka. En 2001, il serait devenu l'informateur du journaliste, mais «à cette époque, son métier à Ernest Backes, c'est d'être gérant de boucherie». Il n'en fallait pas moins pour relier cette théorie au
crochet de boucher évoqué par Nicolas Sarkozy, à l'ouverture du procès.
Encore la Saint-Gergorin
Les avocats de Clearstream s'en sont ensuite longuement pris à Denis Robert, dont le comportement ne serait «pas très journalistique», notamment lors de la remise des listings à Imad Lahoud.
Mais celui qui aura le plus subi la colère des parties civiles, c'est Jean-Louis Gergorin. Roland Poynard, avocat d'Alain Gomez, allant jusqu'à s'adresser directement au prévenu, qui, lui, demeure de marbre. «Vous me ferez pas avaler que vous êtes le Virenque de l'industrie de l'armement», s'emballe l'avocat, avant de qualifier l'ancien dirigeant d'EADS de «véritable danger public».
Au fil des plaidoiries, les chiffres s'accumulent. Ceux des indemnités réclamés par les parties civiles. Si l'avocat de Patrick Gaubert ne demande qu'un euro symbolique de dommages et intérêts, celui de Philippe Delmas en veut 920.000. A la fin de la journée, pour les avocats qui ont chiffré leurs requêtes, on atteint pas moins de 1.320.001 euros, à répartir entre les différents prévenus. Les requêtes et les accusations vont continuer, mercredi et lundi prochain.
Oriane Raffin