ACCIDENT - Le témoignage des victimes après l'amerrissage miraculeux dans le golfe de Porto. Chronologie d’un sauvetage miraculeux...
Au début, il s’agit juste de faire un saut sur l’Ile de Beauté, pour pique-niquer. Ils doivent être de retour à Cannes pour aller chercher leur fille à la sortie des classes. Le pilote Clément Zylberberg, 36 ans, co-pilote chez Air France et sa compagne Isabelle Coxon, hôtesse de l’air, ont invité les parents de cette dernière, Ginette et Serge Amoros, 66 et 68 ans. Fabrice Viard, chef d’entreprise cannois et un jeune homme de 22 ans les accompagnent.
14h: Malgré les fortes rafales de vent, le
Cessna 210 «Centurion» décolle de l'
aérodrome de Tavaria, près de Propriano (Corse-du-Sud), pour rentrer à Cannes avec son équipage.
«A leur place, je ne serais pas parti», témoigne Jean-Pierre Thomas, le responsable de l'aérodrome.
«D'un seul coup, le moteur s'est arrêté, raconte le pilote. Je pense qu'on a eu une rupture d'alimentation d'essence. J'ai appliqué toutes les procédures que l'on nous apprend et que j'enseigne comme instructeur (...) mais il ne se passait rien (...) il fallait envisager de poser l'avion sur l'eau.»
14h54: Le pilote annonce au centre de contrôle d'Aix-en-Provence une panne moteur et son intention d'amerrir au large du golfe de
Porto (Ouest de la Corse). «La mer était démontée avec des creux de quatre, cinq mètres»,
se souvient Clément Zylberberg.
15h15: L’avion disparaît des écrans radar. «Nous avons déverrouillé les deux portes, ce qui nous a, entre autres, sauvés puisque l'avion a tapé la mer de la queue avant de couler en une minute environ», indique le pilote. «Une fois l'avion immergé, on a pu ouvrir les portières et s'échapper avec les gilets de sauvetage.» Ils activent alors les balises de détresse qui y sont attachées.
Trois hélicoptères, trois bateaux et un avion sont dépêchés sur place. Ces appareils ratissent une zone de 50 km² autour du lieu où l’écho du radar de l’avion a été capté pour la dernière fois.
La visibilité sur le secteur est bonne, mais la mer, d’une température d’environ 20 degrés, est très forte, avec des creux de trois à cinq mètres.
20h: L’épave de l’avion est repérée et les six passagers, vivants, sont localisés en mer. «Ce qui nous a sauvés, c'est que les gilets étaient équipés de petites lumières alors que nous étions ballottés par les vagues. Les militaires et les gendarmes qui ont des lunettes infra rouges ont pu nous repérer (dans la nuit) grâce aux taches de chaleur», indique Isabelle Coxon, la compagne du pilote.
20h40: Deux occupants de l'avion sont secourus, hélitreuillées à bord d'un hélicoptère Dragon 2B de la Sécurité civile. Soignés sur la plage de Porto, où un poste médical avancé a été installé, ils sont ensuite héliportés vers l'
hôpital de la Miséricorde à Ajaccio.
22h: Le sauvetage de trois autres passagers est en cours. Ils se trouvent à proximité d'un canot de survie lancé par l'avion de reconnaissance maritime
Atlantique 2. La quatrième personne est isolée par rapport aux trois autres.
Ils ont déjà passés plus de sept heures dans l'eau. «Deux paraissaient en très bonne santé, un était choqué et trois autres en état d'hypothermie», précise le commandant Frédéric Solano, du Sirpa-Air, le service d'information de l'Armée de l'air.
22h30: Les six survivants
sont arrivés à l’hôpital de la Miséricorde, à Ajaccio. Tous souffrent d'hypothermie, une femme a un bras fracturé et l'un des hommes souffre de plaies à la tête, selon le personnel médical.
«On a douté, c'est un miracle, on a eu une chance extraordinaire de s'en sortir, une chance terrible», a conclu Clément Zylberberg, le pilote, ce mardi.
C.C. avec agence