ENVIRONNEMENT - EDF et Areva envoient en Russie des matières qui devraient être recyclées...
Pas moins de 13% des déchets radioactifs français dorment en Sibérie.
C'est la solution trouvée par EDF et Areva pour se débarrasser des matières radioactives non utilisées, révèle le journal
Libération ce lundi.
Un documentaire sera diffusé mardi soir sur Arte, sur le parcours effectué par ces déchets depuis la France.
Le dépotoir d'EDF, faute de technologies en France
De l'uranium appauvri serait
stocké à l'extrême est de la Russie dans la ville de Tomsk-7 dans «des containers sur un parking à ciel ouvert», rapporte le quotidien. Plusieurs réacteurs nucléaires et installations d'enrichissement et de retraitement de l'uranium y sont en effet installés. Le site possède la particularité de pouvoir ré-enrichir l'uranium.
«Déchets, le cauchemar du nucléaire», la bande-annonce du documentaire
Selon la porte-parole d'EDF, le groupe envoie «des déchets en Russie pour retraitement et ils nous en retournent de 10 à 20% qui sont réutilisés dans le parc français». Restent donc entre 90 et 80% de matière stockée sur place. Du côté du groupe Areva, payé par EDF pour retraiter le combustible usé, un porte-parole a expliqué que «ces matières partent en Russie parce que nous ne disposons pas pour l'instant, du procédé d'ultracentrifugation», ce qui devrait être fait en 2012.
Opacité autour du traitement des déchets radioactifs
Le député Verts Noël Mamère a réagi sur France Info ce lundi matin, dénonçant ces pratiques. «
EDF ment, EDF (et Areva) se comportent comme des criminels écologiques. EDF et Areva se comportent comme des voyous», a déclaré le député, ajoutant que «le secret règne en maître depuis plus de 40 ans».
Longtemps ville secrète (elle n'apparaissait sur aucune carte), Tomsk-7, dont l'existence a été rendue publique en 1992 par Boris Eltsine, demeure toujours une ville fermée pour les non-résidents. Une autorisation spéciale est nécessaire pour y accéder. Le documentariste Eric guéret et la journaliste laure Noualhat y ont eu accès. Dans le documentaire diffusé mardi, ils dévoilent huit mois d'enquête menée aux Etats-Unis et en Russie.
Maud Descamps