Divorce et séparation des biens. En claquant la porte du FN en janvier dernier, Carl Lang est parti avec une quarantaine d'élus frontistes. Et surtout avec la moitié de leur dot. Historiquement, le Front national a toujours réclamé 50 % des indemnités à chacun de ses conseillers régionaux, soit 380 euros par mois. Le deal était même inscrit noir sur blanc sur de jolis contrats. Pour être investi par le parti, le candidat devait s'engager à apporter son obole s'il était élu. « C'était une sorte d'engagement moral, de reconnaissance de dette, se souvient Carl Lang. Sauf que c'était totalement illégal... »
Le premier à s'en être rendu compte s'appelle Michel Nys. Conseiller Front national à la région Nord-Pas-de-Calais, il a dénoncé la manoeuvre devant les tribunaux dans les années 1990. Depuis, deux autres de ses ex-collègues ont suivi l'exemple.
La quarantaine d'élus qui ont accompagné Carl Lang en janvier dernier au sein du tout nouveau Parti de la France n'ont pas eu besoin de saisir la justice. Ils ont simplement stoppé leurs versements au parti. Vexé, Jean-Marie Le Pen a décidé d'exclure ces félons. Perdant au passage les 180 000 euros de ressources qu'ils apportaient chaque année. W
V. V.