POLITIQUE - Le ministre réagit après la publication d'une missive rédigée alors qu'il était directeur de la Villa Médicis...
Sa plume cause décidément bien des ennuis à Frédéric Mitterrand. Après
la polémique sur son livre La Mauvaise vie, encore fumante, voici la lettre qui tombe mal. Dans la missive,
publiée vendredi par Le Quotidien de la Réunion, Frédéric Mitterrand, alors directeur de la Villa Médicis à Rome, apporte son témoignage de moralité dans une affaire où trois hommes sont accusés de viol collectif sur une jeune fille de 16 ans, à La Réunion.
Dans une interview au Journal du Dimanche datée de samedi, le ministre de la Culture réagit avec virulence. «Je ne supporte plus ces attaques. C'est immonde! Il s'agit d'une chose simple que je peux très facilement expliquer. J'ai apporté mon témoignage sur la moralité d'une famille, celle de mon ancienne maquilleuse sur France 2», explique-t-il.
Il s'engage «à faciliter toute mesure de réinsertion»
Les trois hommes, dont l'un était mineur au moment des faits, avaient comparu le 27 mars dernier devant la cour d'assises des mineurs et avaient été condamnés à des peines allant de huit ans d'emprisonnement à 15 ans de réclusion. Tous trois se disent innocents et leur procès en appel est prévu les 28, 29 et 30 octobre prochains.
Frédéric Mitterrand avait écrit au président de la cour d'assises avant le premier procès comme témoin de moralité de deux des accusés. Sans se prononcer sur leur culpabilité, «en tant que directeur de l'Académie de France à Rome», il s'engageait «personnellement à faciliter toute mesure de réinsertion», en évoquant la possibilité de stages de formation à la Villa Médicis.
Dans l'interview au JDD, le ministre apporte des précisions. «Il y a des années, elle (sa maquilleuse, ndr) m'avait demandé d'être le parrain de son fils qui porte mon prénom. Je ne l'ai vu que cinq fois dans ma vie. Je n'en sais pas plus. Je me suis occupé de cette femme et de son fils comme je me suis occupé d'autres personnes dans ma vie qui avaient besoin de moi», se défend-il.
«Délit d'humanité»
Interrogé par l'AFP sur le fait que cette lettre était à en-tête de la Villa Médicis, le cabinet du ministre a répondu qu'il s'agissait «de montrer qui vous êtes quand vous écrivez à un juge, sans plus». Et de conclure: «La seule chose qu'on pourrait lui reprocher c'est quasiment un délit d'humanité». Contacté par l'AFP, l'Elysée n'a pas souhaité faire de commentaire.
Autre point embarrassant pour le ministre (qui a déjà défendu Roman Polanski): le fait qu'il propose aux accusés des stages, aux frais du contribuables. Son cabinet affirme que ces stages de formation ne sont pas rémunérés, et insiste: «M. Mitterrand réprouve les faits qui sont d'une extrême gravité. Il s'est porté témoin de moralité pour les parents qu'il connaît de longue date et non pour leurs enfants».
Le principal intéressé estime dans le JDD qu'il est victime d'un acharnement «dégueulasse». Son explication? «Depuis que je suis arrivé au Ministère de la Culture, j'agis. Il y a eu notamment la loi Hadopi. On veut sans doute me le faire payer.»
Frédéric Mitterrand est-il en effet victime d'acharnement, selon vous? Ou estimez-vous qu'après ce nouvel épisode, il devrait présenter sa démission?
P.B. avec agence