SANTE - Si vous êtes témoin un malaise, savoir détecter les signes permet d'agir sans perdre de précieuses minutes...
L'
accident vasculaire cérébral (ou AVC) est la première cause de handicap acquis chez l'adulte. Ce sont environ environ 130.000 personnes touchées par an, dont la prise en charge doit être améliorée, selon
un rapport présenté ce vendredi par Roselyne Bachelot à
Poitiers. Comment agir plus vite pour agir mieux?
Le docteur Marc Giroud, président de l'association
Samu Urgences de France vous donne les signes à repérer pour distinguer un simple malaise d'un AVC.
Le début brutal
La malaise qui accompagne un AVC survient toujours brutalement, à tel point qu'on peut noter très précisément l'heure à laquelle il survient (ce qui est précieux). Il n'est pas rare que des vertiges et un mal de tête y soient associés, mais la perte de connaissance n'est pas systématique.
Comment le détecter: si le patient peut parler, lui poser des questions sur l’heure de début du malaise et ses symptômes. Noter précisément les informations que vous pourrez recueillir.
Les troubles de la parole
Une personne qui fait un AVC n'en a pas toujours conscience, mais son langage est perturbé. Elle bute soudain sur des mots qui ne viennent pas, ou se met à chercher des mots du quotidien. Parfois, elle peut même employer des mots à la place des autres. Ces troubles s'accompagnent de difficultés à articuler, avec une élocution difficile et une langue pâteuse.
Comment le détecter: Faites parler le patient. Posez-lui des questions simples mais ouvertes, auxquelles il ne pourra pas se contenter par oui ou non.
La déformation des traits du visage
La face et ses mimiques deviennent asymétriques en cas d'AVC.
Comment le détecter: Demandez au patient de sourire, de montrer ses dents et de tirer la langue. Au cours de ces grimaces, l'asymétrie est flagrante.
L'atteinte des membres
Après un AVC, on observe une faiblesse brutale d'une moitié du corps, parfois associée à une diminution de la sensibilité. Pour les membres supérieurs, cela peut aller d'un bras engourdi à la sensation d'avoir un bras mort.
Comment le détecter: Tendez les mains et demandez au patient de serrer vos mains dans les siennes et évaluez si la pression est moins forte d'un côté.
Que faire?
Appelez le Samu au 15. Décrivez les signes observés et l'heure précise de début des troubles. Celle-ci sera très utile pour déterminer le type de traitement à prévoir, en fonction du temps écoulé. En attendant l'arrivée des secours, installez le patient confortablement. S'il a perdu connaissance, installez le en
position latérale de sécurité (allongé sur le côté, la tête légèrement en arrière).
Julien Ménielle
L'accident vasculaire cérébral
Un AVC est un déficit neurologique causé par un problème survenant sur un vaisseau irrigant le cerveau. Dans 80% des cas, ce vaisseau se bouche (AVC ischémique), dans les 20% restants, il se rompt (AVC hémorragique).
Dans le cas d'un AVC ischémique notamment, plus la prise en charge médicale est précoce, plus les risques de mortalité et de séquelles diminuent.
Actuellement, moins de la moitié des AVC sont pris en charge par le Samu, entraînant une perte de temps.