Frédéric Mitterrand va-t-il pouvoir garder son poste de ministre de la Culture? Aura-t-il la même latitude pour exercer sa fonction? Après les déclarations sur TF1 jeudi soir, la polémique s'essouffle, mais elle risque de laisser des traces.
«Cette affaire pose des problèmes qui dépassent la sphère politique, même si elle est exploitée avant tout politiquement», analyse Pascal Perrineau, directeur du Cevipof contacté par 20minutes.fr».
Si les appels à la démission n'ont pas tardé, Frédéric Mitterrand ne devrait pas être contraint de s'y plier. Il ne devrait pas y avoir «d'onde ou d'écho phénoménal qui secoue l'opinion. Ce n'est pas évident que l'opinion s'en saisisse pour faire pression», considère le politologue. Les Français sont plutôt préoccupés par les questions économiques et sociales, le chômage, la crise. «Là, on n'est pas au coeur de ces préoccupations, constate le politologue. Même si l'affaire attire l'attention pendant un ou deux jours, ce n'est donc pas évident qu'elle entre en écho».
Un mouvement de sympathie?
«Il peut aussi y avoir un mouvement de sympathie dans l'opinion publique qui n'aime pas qu'on stigmatise quelqu'un notamment par rapport à son homosexualité, cela s'est déjà vu avec Bertrand Delanoë», tempère Frédéric Dabi, de l'institut Ifop.
C'est d'ailleurs sur ce registre de l'émotion que les membres du gouvernement font bloc derrière Frédéric Mitterrand. Exemple avec Michèle Alliot-Marie, garde des Sceaux, qui a trouvé Frédéric Mitterrand «très émouvant» lors de sa prestation télévisée, ne remet pas en cause sa présence au sein du gouvernement. Selon elle, «il est aujourd'hui un très bon ministre». «Il faut permettre à chacun d'avoir fait des fautes, de s'en repentir et d'avoir toujours une deuxième chance», a-t-elle ajouté soulignant que le ministre de la Culture avait condamné «le tourisme sexuel et la pédophilie».
Les politiques continuent à attaquer
Frédéric Mitterrand va-t-il pour autant pouvoir reprendre son travail comme si de rien n'était? Pas sûr. «L'affaire laissera des traces», estime Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, interrogé sur RTL. Celui qui réclamait la démission du ministre a néanmoins déclaré qu'il pouvait «sans doute rester ministre», prenant «acte» de ses déclarations, sur TF1.
Même s'il reste en poste, Frédéric Mitterrand va devoir composer avec une image altérée. «C'est un coup dur car il a été négativement exposé et lynché médiatiquement», note Frédéric Dabi, contacté par 20minutes.fr. S'il est encore un peu tôt pour savoir s'il s'agit juste d'un «accroc à son image ou d'un acte lourd», cela n'est pas non plus très bon pour Nicolas Sarkozy. En effet, Frédéric Mitterrand est «important dans le dispositif sarkozien, car il symbolise l'ouverture».