REACTIONS - Xavier Darcos, Henri Guaino et Brice Hortefeux, Dany Cohn-Bendit, volent au secours...
La riposte de la droite se faisait attendre, elle est venue finalement d’
Henri Guaino, conseiller spécial du président de la République. Il a qualifié jeudi d'«indigne»
la polémique autour de Frédéric Mitterrand pour un livre où
le ministre de la Culture et de la Communication relate ses expériences de tourisme sexuel. Puis
Xavier Darcos, le ministre du Travail, lui a emboîté le pas. «Il n'y a pas de juge qui lui court après, personne ne fait de reproche à Frédéric Mitterrand sur le plan légal, on lui fait un reproche sur des comportement personnels, des comportements moraux, c'est à lui de répondre à cela. Je pense qu'il faut qu'il réponde autrement que simplement par l'indignation».
Reste que, dans les rangs de l'UMP, la réponse n'est pas si unanime. Selon
Libération, les élus demandaient mercredi soir «à être éclairés sur le caractère éventuellement autobiographique du récit avant de se prononcer». L'éditrice de Frédéric Mitterrand l'a affirmé à 20minutes.fr: ce n'est ni un roman ni un document. Tout en reconnaissant n’avoir pas lu le livre en question,
Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur, a jugé nécessaire de connaître le contexte de son écriture. «Je ne sais pas si Frédéric Mitterrand l’a pratiqué (le tourisme sexuel, ndlr)», a-t-il expliqué sur RTL. «Il faut se méfier des jugements à l’emporte-pièce».
>> Que dit vraiment Frédéric Mitterrand dans son livre? La réponse ici
«Tout cela est plein d'excès, tout cela est assez indigne au fond», a repris Henri Guaino sur France2. Interrogé pour savoir si Frédéric Mitterrand, dont le Front national réclame le départ, pouvait rester au gouvernement, il a répondu: «Je ne vois pas où est le problème, je ne vois pas pourquoi, quand on soulève une polémique aussi pathétique que celle-ci avec autant de retard, on devrait en tirer des conséquences aussi radicales».
«Je ne voudrais pas que l'on succombe à trop d'hypocrisie», a demandé de son côté Jean-François Copé. Le patron des députés UMP a rappelé que Frédéric Mitterrand «a écrit son livre il y a trois ou quatre ans», s'étonnant de voir «aujourd'hui les socialistes et le FN se réveiller, et le faire en termes absolument ignobles».
«Un livre humainement assez poignant»
«Il n'y a pas de faits, il a écrit un livre», a-t-il souligné. «Le débat politique français prend parfois une allure pathétique. Ce livre est sorti en 2005, je n'ai pas le souvenir qu'à l'époque il y ait eu autant d'indignation à droite ni à gauche», a poursuivi Henri Guaino, oubliant qu’entre temps, Frédéric Mitterrand a été nommé ministre de la République.
«Il n'a pas écrit pendant qu'il était ministre. D'autre part ce livre est un livre humainement assez poignant», a-t-il dit trouvant «assez curieux qu'une bonne partie de la gauche aille chercher ses références pour animer le débat politique français au Front national».
«A tout pécheur miséricorde!», a déclamé, lyrique, Gérard Longuet. «Aujourd'hui, je crois qu'il a tourné la page. Il a choisi de servir ses convictions d'homme de culture et d'action pour la culture. Donnons-lui sa chance...», a demandé le patron des sénateurs UMP au sujet de son «ami depuis trente ans».
«Il ne faut pas confondre homosexualité et pédophilie»
Après la campagne lancée par le FN, l'indignation a gagné les rangs du PS, son porte-parole
Benoît Hamon se disant «choqué» par le
comportement d'un «ministre consommateur».
Arnaud Montebourg, député PS,
enfonce le clou: il demande le limogeage pour celui qui a «agi délibérément en violation des droits nationales et internationales». Selon lui, il n'y a pas de vie privée quand il s'agit de violer les lois.
«Les attaques qui sont faites me semblent déplacées et je suis très mal à l'aise», a cependant déclaré
Aurélie Filippetti. Pour la secrétaire du PS à l'énergie, «il ne faut pas confondre homosexualité et pédophilie». «Lorsque le livre est sorti, il n'y a pas eu de levée de boucliers», a-t-elle ajouté.
«Où sont les faits? Il n'y a pas de faits?»
Frédéric Mitterrand «a-t-il été traduit devant un tribunal pour des faits répréhensibles, a-t-il fait l'objet de plaintes, de poursuites? Où sont les faits? Il n'y a pas de faits?», a insisté le conseiller de l'Elysée, ajoutant: «Je n'ai pas entendu Frédéric Mitterrand prendre position contre le combat de la France contre le tourisme sexuel.» De même, Xavier Darcos a souligné que «c'est depuis que Frédéric Mitterrand a rejoint le gouvernement que le Front National et ensuite le PS se souviennent de ce qu'il a écrit naguère», il y a plus de quatre ans.
Le ministre de la Culture a même reçu le soutien de
Daniel Cohn-Bendit, d'Europe écologie, lui aussi cible d'une polémique sur des écrits qui avaient choqué une partie du monde politique. «L'attaque de Benoît Hamon, c'est minable, s'énerve l'eurodéputé,
interrogé par Le Parisien, le PS est à la remorque du Front national». Il a
ironiquement réclamé la «démission» du porte-parole du PS, tout comme Georges Kiejman, avocat du cinéaste Roman Polanski et «ami» de Frédéric Mitterrand.
20minutes.fr
L'opposition réagit aussi
«Il faut faire la différence entre un livre et la réalité», a déclaré Cécile Duflot (Verts). Indiquant avoir lu La Mauvaise Vie à sa sortie en 2005, elle a affirmé y avoir vu «un témoignage assez triste et désespéré sur sa vie»: «Ce qu'il dit dans le livre, c'est qu'il est homosexuel et que ce n'est pas une chose évidente pour lui à vivre».
Le président PS du conseil régional d'Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a jugé jeudi sur RFI qu'il devenait «difficile de maintenir au gouvernement une personne qui a été carrément coupable de faits que le gouvernement poursuit».