Un succès de librairie vieux de quatre ans peut-il déchaîner la polémique ? Il faut croire que oui. Profitant d'un débat télévisé sur les délinquants sexuels, lundi soir, Marine Le Pen a jeté le pavé dans la mare, en citant des extraits de La Mauvaise Vie, roman de Frédéric Mitterrand où il décrit son goût pour les garçons. Une sortie mûrement préparée par le FN depuis le soutien affiché par le ministre de la Culture au cinéaste Roman Polanski, arrêté fin septembre pour une affaire de relations sexuelles sur mineure. « Quand on a vu cette position scandaleuse, on a cherché ce qu'il avait écrit dans le passé. C'est comme ça qu'on est tombé sur son livre », reconnaît un membre du FN. L'indignation a même gagné les rangs du PS. Benoît Hamon trouve ainsi « choquant qu'un homme puisse justifier, à l'abri d'un récit littéraire, le tourisme sexuel ». « Se faire traîner dans la boue par le FN est un honneur. Se faire traîner dans la boue par un député de gauche, c'est une honte pour lui », a répliqué, hier, Frédéric Mitterrand. W