ACCIDENT - La cour d'appel de Rennes examinait ce mardi une demande des parties civiles...
La lumière sera-t-elle faite un jour sur les conditions du naufrage du
Bugaled Breizh il y a six ans au large de la Grande-Bretagne? Réponse le 27 novembre. La chambre d'instruction de la cour d'appel de Rennes a mis ce mardi en délibéré sa décision concernant les demandes des parties civiles de poursuivre l'enquête.
Pendant l'audience, qui avait lieu en public, l'avocate générale s'est prononcée contre ces demandes d'investigations complémentaires.
«J'espère que l'enquête va continuer»
Les parties civiles cherchent à obtenir des informations sur les activités des
sous-marins qui participaient à l'exercice conjoint mené par l'Otan et les Britanniques en 2004. «Comme toutes les familles, j'espère que l'enquête va continuer. Si un non lieu est prononcé, je serai peut-être déçu mais je continuerai à me battre pour la réouverture du dossier avec un élément nouveau», indiquait Robert Bouguéon, le président du comité des Pêches du Guilvinec.
Les parties civiles craignent en effet qu’un non-lieu soit prononcé par la cour d’appel de Rennes. Si c’était le cas, cela confirmerait l'ordonnance du juge de Quimper de janvier dernier qui avait refusé de
relancer l’enquête. «Si c'est un non-lieu, ça veut dire que les magistrats ne veulent pas ou ne peuvent pas faire connaître le responsable», affirme l'armateur du Bugled Breizh Michel Douce.
Les familles des victimes, l'armateur et le comité de pêche restent persuadés qu'un des sous-marins participant à cet exercice militaire au large du Cap Lizard est à l'origine de
la perte du chalutier de Loctudy (Finistère) et de la mort de ses cinq marins, le 15 janvier 2004, au large des côtes anglaises.
L'attitude de la Marine dénoncée par la défense
Pendant l'audience, Dominique Tricot, défenseur de deux membres de la famille d'un disparu, a stigmatisé l'attitude de la Marine nationale qui «a déployé des moyens pour détourner l'enquête» et déploré «les mensonges» proférés selon lui par le commandant du sous-marin néerlandais Dolfijn lors de ses auditions. «Les charges contre le commandant sont suffisantes pour prononcer sa mise en examen», a-t-il affirmé demandant à la cour de «ne pas sacrifier la vérité à la raison d'Etat».
Outre-Manche, une autre enquête sur les causes des morts de deux des marins, dont les corps ont été retrouvés en territoire britannique, pourrait être ouverte au début de l'année prochaine, avaient indiqué en août dernier les services du coroner de Cornouailles (sud-ouest de l'Angleterre).
Avec agence