SECURITE - François Fillon a présenté des ajustements ce jeudi à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine)...
Surtout, ne pas remettre en cause
la loi de mars 2007. François Fillon a présenté le nouveau plan du gouvernement contre la délinquance ce jeudi à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), en se gardant bien de reconnaître les ratés de la loi que Nicolas Sarkozy avait fait voter sur la question lorsqu'il était encore ministre de l'Intérieur.
>> Pour retrouver le discours de François Fillon commenté en direct, c'est ici
Ce dernier avait pourtant lui-même reconnu implicitement en mai dernier que sa loi n'avait pas suffi à faire baisser les statistiques de la délinquance. En septembre, après le dernier rapport de l'Observatoire national de la délinquance (OND) faisant état d'une hausse des violences contre les personnes (+5%) et d'une explosion du nombre de cambriolages (+12%), le chef de l'Etat avait décrété la mobilisation générale du gouvernement sur le sujet.
La «vidéo-protection», le nouveau mot du gouvernement
Dont acte. Après
avoir fait évaluer cet été si la loi était bien mise en oeuvre, notamment par les maires, un comité interministériel s'est réuni ce jeudi avant d'annoncer un certain nombre d'ajustements, notamment sur le volet «prévention».
Le maire va rester au coeur du dispositif, mais une charte déontologique va être mise en place pour mieux respecter le secret professionnel qui entoure les affaires délinquance. Des correspondants justice-ville vont par ailleurs voir le jour pour informer les édiles.
La «vidéo-protection»,
le nouveau mot du gouvernement pour désigner la vidéo-surveillance, va être facilitée par des dispositions législatives, pour «mieux mutualiser les coûts et supprimer les barrière juridiques sur la question», a indiqué François Fillon.
Un guichet unique d'aide aux victimes
Centres fermés, sanctuarisation des établissements scolaires, sécurisation des lieux publics - des référents sûreté conseilleront dans chaque département les maîtres d'ouvrage... Le gouvernement entend poursuivre sur la même voie selon «trois principes»: expérimentation, évaluation et généralisation. Ainsi, les bureaux des victimes expérimentés dans onze juridictions devraient être généralisés pour devenir à terme une sorte de guichet unique d'aide aux victimes. Une mission permanente d'évaluation de la politique de prévention de la délinquance va par ailleurs être créée.
Rien de bien neuf sous le soleil, donc. Et François Fillon de répéter: «Ce n'est pas en votant des lois tous les quinze jours qu'on va améliorer le problème». De la délinquance. Car sur la récidive, interrogé
sur l'affaire Marie-Christine Hodeau à l'issue de son discours, il a en revanche indiqué que de nouveaux moyens juridiques devaient être trouvés pour «éviter» ce genre de crime.
Catherine Fournier