JUSTICE - Le ministre de la Culture s'est dit inquiet à propos du procès auquel le cinéaste aura droit aux Etats-Unis...
Frédéric Mitterrand craint que l’opinion publique américaine ne se soit déjà forgé un avis sur Roman Polanski. Jeudi, alors que des journalistes lui demandaient s’il pensait que le réalisateur pourrait avoir un procès équitable aux Etats-Unis, le ministre de la Culture
a fait part des ses «inquiétudes quant au lynchage médiatique absolument incroyable dont a été victime Roman Polanski il y a 30 ans».
Et le ministre de la Culture de renforcer cette opinion en rappelant le débat passionné qu’avait déclenché, en 2008,
le documentaire Roman Polanski: Wanted and Desired. «La manière avec laquelle la procédure légale se déroule soulève un certain nombre de questions, pour ne pas dire plus», a indiqué Frédéric Mitterrand. Le documentaire de Marina Zenovich suggérait en effet que le procureur Wells, qui conduisait l’affaire en 1977, avait influencé le juge Laurence J. Rittenband pour qu’il condamne Roman Polanski.
Polanski mérite «solidarité et compassion»
Jeudi, le ministre de la Culture a également expliqué les raisons de son soutien immédiat et massif au réalisateur,
dès son arrestation dimanche dernier, en Suisse. Il a précisé que les agissements du cinéaste étaient «graves, non excusables», et devaient «être sanctionnés», se replaçant ainsi sur la même ligne que le gouvernement, qui a rappelé mercredi que les charges contre Polanski étaient sérieuses, et que le réalisateur n’était pas «au-dessus des lois», mais pas «au-dessous des lois» non plus.
Puis Frédéric Mitterrand a expliqué: «C’est le rôle du ministre de la Culture de défendre les artistes […] En tant que citoyen français et artiste majeur, Roman Polanski mérite que le ministre de la Culture français soit solidaire et compatissant, je pense.»
Polanski a été arrêté en 1977 et accusé d’avoir fourni de la drogue et de l’alcool à une mineure, avant d’avoir avec elle des relations sexuelles illégales. Il avait alors affirmé que ce n’était pas la première expérience sexuelle de l’adolescente, âgée à l’époque de 13 ans, et qu’elle était consentante. Relâché sous caution avant son procès en 1978, il avait fui les Etats-Unis, craignant une sentence pouvant aller jusqu’à 50 ans de prison, et n’y a jamais plus remis les pieds. La mineure en question, Samantha Geimer, 45 ans aujourd’hui, a
annoncé en janvier dernier qu’elle lui avait pardonné, et qu’elle ne souhaitait pas qu’il aille en prison. Même si elle a insisté:
elle n’était pas consentante.
B.D.