JUSTICE - Michèle Alliot-Marie ne veut pas polémiquer, mais elle a remis le ministre de l'Intérieur en place...
«On n'a sans doute pas donné au ministère de l'Intérieur toutes les informations nécessaires.» La saillie est signée Michèle Alliot-Marie. La garde des Sceaux a estimé jeudi soir que Brice Hortefeux avait eu tort de s'en prendre aux juges d'applications des peines qui avaient libéré le
meurtrier présumé de Marie-Christine Hodeau. Selon elle, en effet, les magistrats n'ont fait qu'appliquer «la loi en vigueur à l'époque».
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«Il n’est déjà pas dans son rôle lorsqu’il s’en prend aux magistrats», s'agace même
l'entourage de la ministre de la Justice. Par ailleurs, les proches de Michèle Alliot-Marie rappellent que, si le suspect est en état de récidive pour la séquestration et l'enlèvement, il a purgé sa peine précédente de manière définitive. En conclusion: «Aucun magistrat n’est en cause. S’en prendre aux juges d’application des peines dans ce cadre, c’est juste de l’ignorance.»
Des propos très proches de ceux exprimés jeudi par les syndicats de magistrats ulcérés par la prise de position du ministre de l'Intérieur. Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), a en effet assuré que ses confères ont «appliqué la loi», rappelant par ailleurs que «Rachida Dati, n'a cessé de dire qu'il fallait aménager les peines au maximum pour vider les prisons, et assurer le suivi des personnes à l'extérieur».
Pénurie de psychiatres
Cette question du suivi, et des moyens mis à la disposition de la justice pour le rendre efficace sont remis en cause. Ségolène Royal a pointé jeudi soir la «pénurie de psychiatres» en France et a réclamé un «plan d'application de soins pendant et après la prison» pour les délinquants sexuels. Une demande proche de celle
formulée à 20minutes.fr par la présidente de l'Association nationale des juges d'application des peines.
Martine Lebrun, déplorant le cruel manque de psychiatres en prison, demande un «véritable suivi pendant la détention» et regrette l'absence de «structure spécifique pour assurer le suivi». Mais si Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il voulait
une meilleure surveillance des condamnés qui ont purgé leur peine, pour l'heure c'est une
proposition de loi visant à instaurer la castration chimique qui a été évoquée.
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Julien Ménielle