IMMIGRATION - 15 à Toulouse et 15 à Nîmes...
Un juge des libertés et de la détention du tribunal de Toulouse a ordonné jeudi la remise en liberté de 15
migrants transférés au centre de rétention de Cornebarieu, en Haute-Garonne, après
leur évacuation de la «jungle» de Calais. Procédure semblable à Nîmes: les juges ont considéré que les détentions de 15 Afghans, placés au centre de rétention de la ville étaient irrégulières et ont mis fin à cette rétention.
Toulouse
A Toulouse, le parquet a aussitôt fait appel de cette décision, selon Me Ludovic Rivière, l'un des quatre avocats commis d'office. Les quatre avocats ont contesté la régularité de la procédure, arguant de «l'atteinte aux droits de la défense» et «l'exercice illégal du droit».
«Rendre très difficile les droits de la défense»
«Pourquoi les envoie-t-on à Toulouse alors qu'il y a de la place dans les CRA du Nord-Pas-de-Calais?», s'est interrogé Me Sylvain Laspalles. «Je ne suis pas Candide, c'est pour les couper de leurs soutiens associatifs et de leurs avocats», a-t-il déploré, regrettant ainsi qu'on ait «voulu rendre très difficile les droits de la défense».
Nîmes
A Nîmes, les 15 hommes étaient libérables jeudi soir à condition que le procureur ne fasse pas appel de cette décision, dans un délai de quatre heures.
Pour neuf hommes, les juges ont «annulé la procédure». Ils ont d'abord considéré que les interpellations, mardi à Calais, revêtaient, en raison notamment de la présence en nombre des forces de l'ordre et d'interprètes, «un caractère collectif».
En outre, un des deux juges a souligné que le transfert de ces hommes du Nord de la France jusqu'à Nîmes avait duré environ 20 heures, «soit près de la moitié de la rétention administrative», de 48 heures. «Les droits de la défense n'ont pu être assurés dans ces conditions», a-t-il fait valoir.
La Cimade demande «la libération immédiate» des personnes arrêtées
Pour six autres Afghans, qui avaient assuré être mineurs, les juges des Libertés ont considéré qu'un doute subsistait sur leur âge véritable, et que ce doute devait leur profiter.
Au total, 40 Afghans interpellés à Calais ont été transférés au centre de rétention de Nîmes. Les juges des Libertés devaient examiner le cas de 25 restants, semblables à ceux déjà examinés, jeudi soir.
Dans un communiqué, la Cimade demande «la libération immédiate» des personnes arrêtées et juge «inacceptable» que «ces personnes venues chercher asile et protection soient menacées d'être renvoyées en Afghanistan, un pays en guerre».
O.R.